En ce dimanche printanier, au Cabaret botanique installé au milieu du parc du Thabor, Mythos accueillait Belin… à l’heure de l’apéro. À 18 h pétantes, le fils spirituel de Bashung apparaissait devant un public déjà conquis, mêlant jeunes et surtout moins jeunes. Entouré de ses fidèles musiciens, il entrait sur scène avec, en fond sonore, les cloches de l’église Saint-Germain et celles de ses synthés. Étrange tempo pour le chanteur nonchalant aux mèches rebelles et aux allures de dandy.
Immédiatement, Bertrand Belin pointait son doigt vers la lune, comme pour atteindre le firmament scénique. Il devenait un demi-dieu, surgissant des ruines de notre quotidien. Il murmurait dans le crépuscule. Sur son 31, il était dans la droite lignée des rockers au charme puissant et à la voix spleenitique. On entrait dans son univers, où la mélancolie restait contenue et l’ironie éclatait avec une élégance presque snob.
Baudelairien de la chanson française contemporaine, le chanteur emportait son public dans les verts pâturages, dans les alpages ou encore sur le sable mouillé d’une plage bretonne. Dans la salle, beaucoup oscillaient doucement, certains fermaient les yeux, d’autres chuchotaient les paroles. Leurs déhanchements étaient parfois répétitifs, presque hypnotiques.
Porté par ses musiciens, Bertrand Belin déroulait ses morceaux entre riffs tendus et piano nerveux. Il était vivant de corps et d’esprit. Il emplissait Mythos de son verbe, de sa verve et de sa veine. Déjà venu dans ce même festival, il y a quelques années, il remplissait la salle d’une intensité palpable. On aurait presque repris un Belin ! Mythos se poursuit ce lundi avec Deluxe (voir la programmation sur leur site).



