Pendant des années, il a été considéré comme un maître du yoga à Rennes. Aujourd’hui, son nom apparaît dans un tout autre contexte. Trois femmes ont déposé plainte en février pour agressions sexuelles contre ce professeur. Les faits dénoncés se seraient produits pendant des cours entre 2022 et 2025. L’information a d’abord été révélée par le média Les Jours, puis confirmée par Frédéric Teillet, procureur de la République à Rennes. Une enquête préliminaire a été depuis ouverte et confiée aux services de police.
Les plaignantes décrivent des contacts physiques jugés déplacés, lors d’ajustements de postures. Dans le yoga, ces corrections sont parfois utilisées par les enseignants pour aider les élèves à améliorer leur position. Mais selon plusieurs femmes, certaines interventions auraient dépassé ce cadre. L’une d’entre elles, qui est elle-même professeure de yoga, a accepté de raconter ce qu’elle dit avoir vécu auprès du journal. D’après elle, il lui aurait d’abord tapoté la cuisse, avant de s’approcher d’elle alors qu’elle effectuait une posture assise, penchée vers l’avant.
L’autorité d’un professeur ne doit jamais permettre un accès sans limite au corps des élèves. » une des plaignantes.
Interrogé par les enquêteurs, le professeur aurait parlé d’une méthode d’ajustement « à l’ancienne », utilisée selon lui dans certaines traditions de yoga. Mais pour cette élève, également professionnelle dans la discipline, le geste n’avait rien d’une correction technique. Elle affirme avoir immédiatement considéré ce comportement comme inapproprié.
D’après l’enquête publiée par Les Jours, plusieurs femmes auraient signalé des situations comparables au fil des années. L’homme aurait aussi imposé sa nudité. Au total, sept personnes évoqueraient des faits de nature similaire. Malgré ces signalements, le professeur n’aurait été écarté de l’association de yoga qu’en février dernier, peu avant le dépôt des plaintes. La femme qui a témoigné explique que sa plainte répond aussi à une volonté de faire évoluer les pratiques et les mentalités dans le milieu. L’enquête devra désormais déterminer précisément les circonstances des faits dénoncés et décider d’éventuelles suites judiciaires.


