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vendredi 20 mars 2026
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Entre Gainsbourg et Chirac, le révolutionnaire rennais Vaneau repose en paix

Au hasard d’une promenade dans le cimetière du Montparnasse, un Rennais est tombé sur une sépulture inattendue. Entre les tombes de Jacques Chirac et de Serge Gainsbourg repose un certain Vaneau, parfois écrit Vanneau. Un nom bien moins célèbre que ceux de ses voisins. Et pourtant. Sous une stèle sobre érigée par ses camarades polytechniciens, on peut lire : « À leur camarade Vaneau, mort pour la liberté le 29 juillet 1830. »

Louis Vaneau naît à Rennes le 27 mars 1811, dans une famille bien installée dans l’administration et la magistrature bretonnes. Son grand-père fut procureur au présidial de Rennes et échevin. Son père, directeur des contributions indirectes à Brest, était lui aussi Rennais. Le jeune Louis grandit dans ce milieu d’ordre et d’État. Rien ne le destinait a priori à mourir sur une barricade.

Admis à l’École polytechnique (promotion 1829), le jeune homme partage avec nombre de ses camarades une opposition franche au régime de Charles X. Il est contre les ordonnances dites « de Saint-Cloud » du 25 juillet 1830, suspendant la liberté de la presse et restreignant encore un peu plus les libertés publiques. À Paris, la tension commence à monter. Ce sont les Trois Glorieuses.

Les 28, 29 et 30 juillet 1830, la capitale se couvre de barricades. Le 29, Vaneau est dans la rue, en uniforme, aux côtés d’une cinquantaine d’élèves polytechniciens. À dix-neuf ans, il se bat avec les insurgés parisiens. Lors de l’attaque de la caserne de Babylone, défendue par les gardes suisses, une balle le frappe en plein front. 

Plus tard, l’historien Louis Blanc racontera dans un ouvrage. « Les assaillants, presque tous ouvriers, soutenaient le feu avec l’intrépidité la plus étonnante. À leur tête : Vaneau… Le premier reçut une balle dans le front qui l’étendit raide mort. » Transporté à l’hospice par des ouvriers, le jeune homme ne survit pas à ses blessures. Il fut inhumé le 31 juillet 1830 au cimetière du Montparnasse. La Garde nationale lui rendit les honneurs militaires. Sa mort devint très vite un symbole.

À l’École polytechnique, la cour d’honneur porte désormais son nom. Un hymne, L’Ode à Vaneau, lui est même consacré. Dans l’opinion publique, il acquiert aussi une certaine notoriété grâce au tableau de Georges Moreau de Tours, peint en 1891, qui représente sa mort rue de Babylone. A Rennes, la colonne de Juillet, dans le jardin du Thabor, rend hommage à ces Rennais morts pour la liberté, dont Vaneau. Aujourd’hui, peu de visiteurs du Montparnasse s’arrêtent devant sa tombe, un peu plus devant ses voisins. 

Petite info : « Tous les ans, chaque 14 juillet, après avoir défilé sur les Champs, les élèves se retrouvent sur sa tombe pour l’Ode à Vaneau, en uniforme. Mon fils a eu l’occasion d’y participer 2-3 fois », indique la Rennaise Tatiana. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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