129 219 Rennaises et Rennais pourront voter aux prochaines élections municipales, les 15 et 22 mars prochains. « Les habitants avaient jusqu’au début du mois de février pour s’inscrire sur les listes électorales », précise la Ville dans un communiqué. Seuls quelques cas particuliers définis par la loi peuvent encore entraîner de légers mouvements sur les listes électorales : inscriptions d’office de jeunes majeurs ou liées à l’acquisition de la nationalité française, décès, condamnations. Pour l’élection municipale 2026, à la date du 10 février, l’électorat rennais s’établit à 128 831 électeurs sur la liste principale (citoyens français) et 388 électeurs sur la liste complémentaire (ressortissants européens).
Le parti Identité-Libertés de Marion Maréchal apporte son soutien à l’ensemble des candidats du Rassemblement national. Des candidats IDL les ont rejoints, comme à Rennes où Régis Barbie de Préaudeau sera en position numéro 7. « Nous avons deux autres candidats présents, également, sur cette liste », précise le parti de Marion Maréchal. « La délinquance dans certaines zones de notre département enregistre des degrés de violence jamais égalés. C’est pourquoi nous estimons que le bilan des maires en place nécessite une prise en main sérieuse de ce sujet afin de retrouver une certaine sérénité pour les habitants de ces communes. Nous sommes sûrs que le Rassemblement national répondra favorablement aux attentes de l’ensemble des électeurs. » Cela tombe bien : Julien Masson (tête de liste RN) a enfin réussi à compléter sa liste. Il la présentera ce jeudi.
Nathalie Appéré, Don Quichotte breton ? Chez les socialistes, l’extrême droite a toujours été un repoussoir. Partout, mais pas toujours à bon escient ? Lionel Jospin en fit les frais, en son temps. Ses adversaires dénoncent pour l’heure une stratégie de l’évitement. « Lorsqu’on ne veut pas parler du réel, on parle du symbole », indique Jelle Lemaitre, fidèle de Charles Compagnon. « Lorsqu’on ne veut pas parler du réel, on parle du symbole. Lorsqu’on ne veut pas regarder les difficultés quotidiennes des habitants, on préfère désigner un adversaire abstrait. Ce combat ressemble à celui de Don Quichotte : spectaculaire, idéologique, mais détaché du terrain. Rennes mérite mieux qu’un combat imaginaire. » Le RN, lui, s’en amuse. « À force de se focaliser sur ses obsessions et son idéologie, elle aurait oublié l’essentiel : agir pour les Rennais !» À l’inverse, le PS revendique la cohérence de son cap pour éviter une quadrangulaire au second tour à Rennes.
Décidément, il n’aura pas son débat. « Le débat qui devait se tenir le 2 mars à Sciences Po Rennes, réunissant des militants et colistiers de moins de 30 ans de chaque liste engagée dans les municipales, a été annulé sur recommandation du ministère de l’Intérieur, à la suite du meurtre tragique de Quentin à la sortie d’un meeting de Rima Hassan », explique Charles Compagnon. « Qu’un débat pluraliste, organisé dans une grande école de la République, soit annulé par crainte de graves incidents est un fait d’une extrême gravité. Aujourd’hui, un cap inquiétant est franchi. La radicalisation idéologique, lorsqu’elle s’accompagne d’organisations revendiquant l’affrontement et d’un climat d’intimidation, finit par empêcher concrètement la tenue du débat public. » Mais qu’il se rassure ! La candidate Sandra Chirazi (Lutte ouvrière) a, elle, été invitée par erreur à un débat sur une grande chaîne locale. Quelques minutes plus tard, on lui a expliqué qu’elle ne pouvait pas venir. Raison invoquée par la puissance invitante, un brin gênée : on invite uniquement cinq candidats, les plus importants… On fait mieux dans la courtoisie républicaine.
50 ans de socialisme. À droite comme à l’extrême droite et à l’extrême gauche, un seul leitmotiv : 50 ans de socialisme, cela suffit ! Tous les partis politiques sont vent debout contre le « système socialiste ». À une autre époque, Henri Fréville (divers droite) fut maire de Rennes de 1953 à 1977, soit 24 ans, mais deux fois moins que les socialistes. En cas de défaite, les amis de Nathalie Appéré auront au moins tenu bien plus longtemps que leurs rivaux de droite.
Un insoumis pour le patrimoine religieux. La chapelle Saint-Yves va être cédée par la municipalité. « Pensant peut-être renflouer les caisses ou se délester d’un bâti jugé inutile, encombrant et coûteux à entretenir, la majorité fait le choix d’aliéner une pièce maîtresse du patrimoine de Rennes, dont l’intérêt historique et artistique ne semble pas le moins du monde peser dans cet arbitrage », regrette Rennes Commune (représentée par l’insoumis Ulysse Rabaté) dans un communiqué. Lors d’un récent conseil municipal, Antoine Cressard, colistier de Charles Compagnon, s’en était déjà ému. « Nous réaffirmons notre opposition à la vente de ce bâtiment unique du patrimoine », a-t-il répété sur X. Chacun porte sa croix (ou sa voix).
Chez Place publique, les places sont chères. Du changement en catimini sur la liste de Nathalie Appéré (PS). Éric Chevet et Béatrice Lebossé (Place publique) ont finalement été écartés au profit de deux autres, aux 24e et 53e places : Raymond Paulet et Marie-Caroline Nivaigne. « Chaque parti est souverain pour désigner ses représentants sur la liste », explique Marc Hervé, socialiste et numéro 2 sur la liste, dans les colonnes d’Ouest-France. Derrière cette substitution de dernière minute, beaucoup voient surtout la force du local sur le national. Les deux remplaçants sont déjà très connus dans la capitale bretonne. Raymond Paulet a toujours été un fidèle de la galaxie socialiste.
Nathalie Appéré ne veut pas d’alliance. En 2020, Nathalie Appéré (PS) ne voulait pas d’alliance avec les Insoumis. En cas de second tour, elle ne veut pas non plus d’accord. Certains voient surtout la volonté de la maire sortante de rassembler toutes les voix de gauche dès le premier tour… Sa crainte : une triangulaire ou d’une quadrangulaire lors du second tour, qui pourrait bien bénéficier à son opposition. Les choix ne sont pas toujours politiques.
La marche vers la guerre. Sandra Chirazi (Lutte ouvrière) regrette, comme souvent, que rien ne ressorte dans les médias sur la dénonciation par son mouvement de la marche vers la guerre. Elle n’est pas la seule à évoquer cette question. Le Parti des travailleurs est, lui aussi, assez va-t-en-guerre sur ce sujet. On ne pourra pas en tout cas nous reprocher de ne pas en avoir parlé dans cette campagne municipale.
Une élection très Rennes 2. Dans la capitale bretonne, Rennes 2 serait-elle devenue pourvoyeuse de candidats ? Il y a Marie Mesmeur, Erell Duclos et Victor Darcissac qui sont passés par la faculté de Villejean. Tous trois ont pour point commun d’être aussi très jeunes. En face, Sciences Po Rennes arrive en seconde position avec Carole Gandon (toutefois tête de liste numéro 2 du centre droit) et Nathalie Appéré comme anciennes élèves. Comme quoi, porter un nom renvoyant à la politique n’enclenche pas toujours des vocations.


