La Mission Locale n’a pas interrompu son accueil, mais elle a décidé de rendre visible son inquiétude depuis maintenant quelques jours. Dans le centre-ville, ses façades sont entourées de rubalises, ses vitres couvertes de messages simples mais forts. On y lit “Jeunesse en danger”, “Précarité”, “Mission vitale”. Ce signal clair est destiné à rappeler que derrière les portes, les conditions de travail risquent de devenir encore plus précaires si les décisions budgétaires annoncées se confirment.
Les professionnels ne s’alarment pas par goût ! Leur inquiétude repose sur un constat qu’ils voient tous les jours et qu’ils jugent alarmant. Une part importante des jeunes de 16 à 25 ans vit sous le seuil de pauvreté, et beaucoup commencent leur vie active avec des contrats instables, des revenus insuffisants ou une absence totale de solutions. Alors que le budget 2026 est encore débattu au Parlement, les salariés redoutent désormais une nouvelle baisse des subventions. Après une première réduction l’an dernier, les moyens pourraient chuter à nouveau, ce qui entraînerait en deux ans une contraction budgétaire proche d’un cinquième. Si le budget 2026 est voté tel qu’il est présenté, de nombreux postes pourraient disparaître dès l’an prochain, uniquement en Bretagne.
A long terme, les professionnels craignent de devoir faire des choix impossibles, comme sélectionner les jeunes qu’ils pourront suivre ou allonger des délais déjà difficiles à vivre pour ceux qui franchissent leurs portes. À long terme, moins de soutien aujourd’hui pourrait créer plus de décrochages, plus de ruptures, et donc plus de coûts sociaux demain. En Bretagne, les missions locales soutiennent chaque année des dizaines de milliers de jeunes. Beaucoup n’ont pas encore 18 ans. L’accompagnement repose sur des entretiens, des ateliers et un suivi global qui touche l’emploi, la formation, la santé, le logement, les finances ou la mobilité. Une part importante d’entre eux réussit à décrocher un travail ou à rejoindre une formation grâce à ce suivi. Les parcours durent parfois plusieurs mois, parfois deux ans, et depuis 2021 les missions locales doivent aussi repérer et accompagner les jeunes décrocheurs.



