Même dans les communes du bocage, la promotion immobilière commence à interroger les riverains ! Le tribunal administratif de Rennes a suspendu, le 21 août 2025, un permis de construire délivré par la mairie de Saint-Aubin-d’Aubigné. Cette décision municipale, signée en septembre 2024, autorisait la société Korenn Immobilier à démolir deux bâtiments et à édifier un ouvrage de 27 logements, rue d’Antrain, dans un quartier résidentiel calme de cette commune.
À l’annonce de ce projet, plusieurs riverains du secteur ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Rennes. Ils s’opposaient à un programme qu’ils jugeaient trop compact, mal intégré et dangereux pour la circulation locale. Dans son jugement, le juge des référés leur a donné partiellement raison. Il a suspendu le permis de démolir et de construire pour une question de sécurité publique. Le magistrat a pointé du doigt un accès au futur immeuble, offrant « peu de visibilité » et multipliant les « risques » d’accident.
Soulevé par le tribunal, le deuxième problème concernait « la densité » du projet immobilier. Dans cette zone, le plan local d’urbanisme prévoit l’accueil d’environ 16 logements sur une parcelle de 4 600 m². Or, le projet autorise, ici, la construction de 27 appartements sur une surface bien plus réduite (2 437 m²), soit une « densité près de 70 % supérieure » à celle envisagée. Pour la juridiction, cette surdensité est incompatible avec les objectifs fixés par la commune, ce qui constitue un autre motif sérieux de contestation.
La décision du tribunal ne met pas fin au programme, mais elle en suspend l’exécution. Aujourd’hui, les travaux ne peuvent pas commencer tant que la justice n’a pas tranché, dans un jugement de fond, la validité définitive du permis. Cette affaire montre en tout cas que, même dans une petite localité comme Saint-Aubin-d’Aubigné, les projets immobiliers peuvent provoquer des tensions fortes.


