On se plaignait d’un été rennais sans relief (notre billet). Heureusement, certains savent encore mettre un peu de couleur dans les rues. Grâce au budget participatif et des initiatives citoyennes, Rennes voit fleurir une trentaine de sas vélos repeints en jaune, vert et bleu, accompagnés de messages tracés sur le bitume comme « hop hop hop », « calmos » ou « relax ».
L’objectif de l’opération est simple : rendre les zones cyclables plus visibles et inciter les automobilistes à les respecter. Four cette délégation mission, le « graphisme » a été confié à Florian Schneider, un artiste habitué aux grandes marques comme Adidas, L’Oréal ou Red Bull.
Le tout est exécuté par des agents municipaux et financé à hauteur de 70 000 € par la Ville.
Rennes ne fait pas cavalier seul. À Utrecht, aux Pays-Bas, une piste cyclable longue de 570 mètres a été peinte aux couleurs du drapeau LGBT+, affichant une volonté d’inclusion aussi perceptible que sécurisante. Toujours aux Pays-Bas, à Eindhoven, une portion de voie cyclable reprend La Nuit étoilée de Van Gogh, avec une peinture photoluminescente qui brille le soir.
À Lyon, les Voies Lyonnaises utilisent des codes couleur et des numéros pour identifier chaque axe cyclable, comme un métro à deux roues. Toulouse, fidèle à sa brique, envisage quant à elle de peindre ses pistes pour allier tradition et lutte contre les îlots de chaleur. Même aux États-Unis, dans des villes comme Durham, des œuvres d’art sont peintes directement sur les chaussées pour ralentir les voitures et réduire les accidents.
La couleur devient un langage urbain. Ce n’est ni révolutionnaire ni spectaculaire, mais ça marche, cela fonctionne. On commence par peindre les sas vélos, on finira peut-être par repeindre la rocade. Mais à l’heure du réchauffement climatique, on doute fort que notre collectivité en prenne l’initiative…


