Sur le sable chaud, ils sont alignés comme au départ d’une étape du Tour de France : les petits cyclistes en plastique. Peints à la main, munis d’un casque, le buste penché sur le guidon, ils n’ont pas changé d’un iota depuis des décennies. Ils se sont juste un brin modernisés (notre photo) ! Chaque été, ils repartent à l’assaut d’un nouveau Tour, version plage.
Tout commence avec une bille de goémon, souple et roulante, parfaite pour lancer les figurines, le long d’une piste sinueuse, semée de virages et de bosses. Le premier à franchir la ligne (une ficelle, une tong, un bâton) gagne le respect de toute la plage. Rien de plus simple. Mais encore faut-il savoir faire des pichnettes !
Nés en France dans les années 50, ces cyclistes miniatures étaient d’abord en métal, puis en plastique moulé. Ils étaient souvent fabriqués à Oyonnax, dans le Jura ou dans les Vosges, hauts lieux de la plasturgie. On les trouvait dans les bureaux de tabac, les bazars, les fêtes foraines.
Leur style variait selon les années. Certains sont ultra-réalistes, d’autres plus naïfs. Ils ont en tout cas accompagné des générations d’enfants sur les plages, surtout bretonnes et vendéennes, mais aussi sur les routes de sable d’Oléron ou de l’île de Ré. Dans leurs traits figés, dans leurs maillots colorés, Anquetil, Hinault ou Virenque revivent leurs périples, chaque été. On rejoue leurs aventures en miniature, sous les parasols, entre deux baignades.


