À Rennes 2, le climat universitaire vient de franchir un nouveau cap. Depuis plusieurs jours, une publication du syndicat étudiant Union Pirate met en cause sur Instagram, nommément et photos à l’appui, des représentants du personnel siégeant au Conseil académique. Cette mise à l’index publique fait vivement réagir la direction, et révèle surtout une fracture de plus en plus nette au sein de l’établissement.
À l’origine de l’affaire, une motion portée dès novembre 2025 par l’Union Pirate. Elle souhaitait alerter sur les violences sexistes et sexuelles à l’université et réclamer davantage de moyens et de protection pour les victimes. Après plusieurs reports et ajustements, le texte est finalement présenté à nouveau en janvier 2026. Mais il est rejeté par les élus du personnel, certains le jugeant trop radical dans sa formulation.
Pour le syndicat étudiant, ce vote est incompréhensible. Dans un message publié sur Instagram, l’Union Pirate accuse directement les représentants du personnel d’inaction. Le syndicat va plus loin en les désignant individuellement, photos à l’appui. Une pratique très rare dans le fonctionnement universitaire — et qui a immédiatement suscité une vague d’indignation en interne.
Face à cette situation, la présidence de Rennes 2 est sortie de son silence. Elle évoque une « vive émotion » chez les personnes visées et dénonce une méthode qui heurte profondément la communauté universitaire. Malgré plusieurs tentatives de dialogue avec le syndicat, la publication n’a pas été retirée. Conséquence directe : les représentants du personnel ont exercé leur droit de retrait. Les réunions du Conseil académique et de la Commission de la formation et de la vie universitaire ont été annulées. La direction estime désormais que « les conditions d’un fonctionnement serein ne sont plus réunies ».
L’université a également décidé de franchir un cap supplémentaire en signalant les faits au procureur de la République. En parallèle, elle propose un accompagnement aux personnels concernés dans le cadre de la protection fonctionnelle. Au-delà de cet épisode, c’est toute la question du dialogue universitaire qui se trouve posée.



