Ce vendredi 20 février, au petit matin, le long du canal Saint-Martin, à Rennes, à deux pas de la rue de Saint-Malo, les pompiers et la Sécurité civile veillent au grain. Dans la nuit, ils ont posé 105 mètres linéaires de barrage pour contenir la montée du canal. « Cet ouvrage est composé de jambes de force en aluminium, sur lesquelles est fixée une bâche maintenue par des poids et des chaînes lestées », explique le capitaine Romain Bertin-Butler, en charge du PC. « Il est conçu pour résister à la pression de l’eau et canaliser la crue. »
20 interventions des pompiers en lien avec les crues dont 7 pour inondations, 8 mises en sécurité, 4 reconnaissance et 1 Sauvetage
Ce matériel n’est pas inédit. « C’est le même modèle que celui utilisé à Redon, où 400 mètres ont déjà été posés », rappelle le capitaine. Pour l’établir, la Sécurité civile est venue de Nogent-le-Rotrou, avec une unité de soutien Nord-Paris. « Entre 2 heures et 6 h 30 du matin, 23 membres de leur équipe ont installé la protection. À leurs côtés, 26 pompiers d’Ille-et-Vilaine étaient mobilisés. Soit près d’une cinquantaine d’intervenants sur site. »
Ce dispositif était chargé de protéger les habitations du quai Nord. « C’est une zone en cuvette. Si l’eau y pénètre, ce n’est pas évident de revenir à la normale, » a ajouté le capitaine. « Une dizaine de bâtiments auraient pu être impactés, dont deux restaurants et huit habitations, soit environ 25 personnes. Il n’y a toutefois pas eu d’évacuation. Les riverains ont été confinés, avec interdiction de sortir côté quai. Ils peuvent néanmoins quitter leur logement par l’arrière. »
Le pic de crue était attendu vers 7 heures. Il est finalement survenu à 1 heure du matin. « On avait bien anticipé », explique le capitaine Romain Bertin-Butler
Le quai Sud du canal, lui, ne présentait pas de menace particulière. Les péniches amarrées le long de la rivière ont également fait l’objet d’une reconnaissance. « Elles sont en sécurité. Aucun problème n’est à signaler. » Pour parer à toute éventualité, la préfecture, la mairie, le SDIS et la Sécurité civile avaient déclenché les moyens nécessaires dès la veille au soir, autour de 19 heures. Ils avaient mis en place une structure de commandement dédiée. « Sur le terrain, plusieurs unités spécialisées ont été mobilisées, notamment les SAV, pour Sauveteurs aquatiques de surface. Elles peuvent évoluer en surveillance sur l’eau pour effectuer des reconnaissances », précise-t-il.
Un drone a également été engagé. « La vue aérienne complète les observations à pied ou sur l’eau. Toutes ces constatations sont complémentaires et nous permettent d’avoir une vision globale de l’intervention, pour ne rien rater. » Au lever du jour, les premiers signes de décrue sont visibles. « Sur les 24 prochaines heures, on observe une nette baisse », indique le capitaine, prudent sur la suite.
En quelques heures, le niveau de l’eau a déjà diminué d’une dizaine de centimètres. Le maintien ou le retrait du barrage dépendra des décisions conjointes de la préfecture, de la mairie et de la Sécurité civile, ainsi que des conditions météorologiques à venir. Le préfet et la maire de Rennes doivent se rendre sur place en fin de matinée. Pour l’heure, le message est clair : « Le risque est maîtrisé. »


