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samedi 21 mars 2026
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Redon, Saint-Malo et Rennes : deux jeunes escrocs jugés pour arnaque à la carte bancaire

Ils ont à peine vingt ans, tous deux originaires de la région parisienne. L’un est en claquettes, l’autre en t-shirt. Devant la présidente du tribunal, ils tentent de s’expliquer, ce vendredi 1er août. Quelques jours plus tôt, ils ont commis l’irréparable : une escroquerie à la carte bancaire menée à Redon, Saint-Malo et Rennes.

Grâce à une arnaque bien rodée, tous deux ont réussi à se faire remettre des CB par des particuliers, avant de retirer de l’argent dans plusieurs distributeurs. Le mode opératoire était toujours le même : les victimes, cinq au total, recevaient un appel téléphonique d’une prétendue employée de leur banque, les pressant de donner leurs cartes à un « coursier » mandaté pour les détruire. En cas de refus, on leur faisait craindre des retraits frauduleux… depuis Madrid.

Sans l’intervention des policiers rennais, les deux jeunes seraient probablement repartis à Bobigny avec leur butin : près de 15 000 euros. Les hommes de la BAC avaient trouvé en effet suspect qu’un jeune individu en capuche retire de l’argent à un distributeur de la rue Saint-Hélier. Impossible, cependant, d’identifier les cerveaux de l’opération. « On a été contactés via le réseau Telegram », explique le premier prévenu. « J’ai été naïf. J’ai cédé à l’appât du gain. Je regrette ce que j’ai fait », ajoute-t-il. Son comparse minimise lui sa responsabilité. « J’étais juste le chauffeur. »

Face aux magistrats, les deux complices restent peu loquaces. « Je devais toucher 1 500 euros pour l’opération », lâche le premier. Son ami, lui, espérait entre 5 000 et 10 000 euros. « Je ne m’explique pas cette différence, sauf à penser que vous aviez un rôle plus important », a tranché toutefois le procureur adjoint de la République, Fabrice Valembois. Lequel a requis 18 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans pour le chauffeur, et 12 mois avec sursis probatoire sur la même durée pour le coursier. En aparté, le représentant du ministère public a exprimé ses doutes sur la sécurité des données. « Si j’étais client de la CMB, je serais inquiet. Cette banque devrait mener un audit pour comprendre comment les coordonnées de ses clients ont pu être identifiées. »

Ce sont les petites mains que nous avons devant nous, non les cerveaux de cette mécanique bien huilée », plaide Me William Pineau.

De l’autre côté de la barre, Gauthier Rolandin et William Pineau ont insisté sur l’immaturité , la naïveté et la reconnaissance des faits par les prévenus. Ils ont aussi soulevé une nullité de procédure. « Dans notre société, ce type de contrôle d’identité survenu rue Saint-Hélier ne peut pas être accepté. Mon client n’avait rien de suspect, hormis sa capuche. Moi, dans la même tenue, je n’aurais pas été arrêté. On ne peut pas vivre sous un soupçon permanent. C’est une encoche grave dans notre contrat social. Ce sont toujours les mêmes qu’on interpelle. »

Cet argument a été balayé par le procureur adjoint. « Les policiers ont eu le nez creux. Le comportement des individus soulevait suffisamment de suspicions et d’indices. » Finalement, le tribunal s’est montré plus clément que les réquisitions. Le coursier s’est vu infliger une peine de douze mois avec sursis simple. Le chauffeur a lui écopé de quatorze mois avec sursis. Non sans oublier quelques obligations pour les « petites mains » : interdiction de se revoir, et de se rendre en Ille-et-Vilaine pendant deux ans.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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