Elles claquent sur les trottoirs, crissent dans le sable, font un boucan d’enfer. Les tongs sont à l’été ce que les crampons sont au football : un incontournable. Mais d’où viennent ces drôles de sandales qui font autant parler qu’elles font marcher ?
D’après nos recherches, leur histoire remonte à plusieurs millénaires. On en dénichait déjà la trace dans l’Égypte antique. Mais ce serait en Asie, et notamment au Japon, que l’on trouve l’un des ancêtres directs de nos tongs modernes : les zōri. Ces « pompes » légères, souvent en paille tressée, étaient traditionnellement portées avec des tabi, ces chaussettes à gros orteil séparé.
Dans les années 1950, les États-Unis ont repris le principe pour en faire des sandales de plage bon marché. Ses habitants appellent ces chaussures, flip-flop, évoquant le doux bruit qu’elles font. Popularisée aux États-Unis puis au Brésil — où la marque Havaianas la propulse au rang d’icône en 1962 —, la tong débarque ensuite en Europe où elle est souvent associée aux vacances, aux plages et à la décontraction estivale.
Aujourd’hui, les claquettes existent en caoutchouc, en cuir travaillé. Elles connaissent des modèles pour la piscine ou le bitume. Mais leur principe reste inchangé. Elles disposent d’une simple lanière en Y, d’une semelle plate, et l’envie d’y glisser ses pieds nus. L’Union française pour la santé des enfants et des personnes âgées met toutefois en garde : porter des tongs quotidiennement favorise le développement de nombreuses pathologies. Le problème commence dès la semelle. Trop fine, souvent en plastique, elle n’amortit pas les chocs et ne protège ni les chevilles, ni les genoux, ni le dos. Pire, le frottement répété peut entraîner corne, irritations, voire allergies cutanées.
Au volant ? Tong qui dérape peut se coincer sous une pédale et faire perdre le contrôle du véhicule.
Mais le vrai danger vient du manque de maintien. Les orteils, accrochés à la sandale pour éviter qu’elle ne glisse, finissent par se déformer « en griffes ». Selon l’American Podiatric Medical Association, les tongs modifient notre façon de marcher : nous raccourcissons les pas, contractons les orteils, ce qui peut provoquer des douleurs au bas du dos et aux hanches.
Faut-il pour autant les bannir ? Pas totalement. Les tongs restent utiles après le sport, dans les douches publiques, à la piscine ou à la plage. L’essentiel est de les porter sur de courtes durées et de les éviter pour les longues promenades ou les activités du quotidien. Mais comme pour tout plaisir estival, mieux vaut en user avec modération.


