Le parasol apparaît dès l’été revenu sur les plages (et parfois sur les bords de route pour les amateurs de pique-nique). Il est chic (rayé bleu et blanc), en certaines occasions il est popu, rétro et familial. Certains s’affichent comme objets de design, d’autres restent d’un kitsch assumé, ornés de logos de glaces ou de marques de soda. Pratique, il incarne à lui seul l’idée de vacances.
Le parasol descend en droite ligne de l’ombrelle, symbole de pouvoir et de raffinement dans la Chine impériale, en Inde ou encore dans la Rome antique. À Versailles, il abrite le teint des dames. Sur les bords de mer du XIXe siècle, il suit les élégantes en promenade, bien avant de se planter dans le sable.
C’est au XXe siècle que le parasol se démocratise sur les plages de France et de Navarre. Devenant un totem de l’été, il envahit les tableaux de Dufy, les photos de Willy Ronis. Aujourd’hui, il s’est même modernisé. On le trouve avec un tissu anti-UV, une version télescopique ultralégère…
Mais contrairement aux idées reçues, le parasol ne protège pas complètement du soleil. Jusqu’à 50 % des UV peuvent être réfléchis par le sable ou l’eau, même sous l’ombre. La crème solaire, vêtement couvrant, lunettes et chapeau restent indispensables. Pourtant, on lui pardonne tout, à ce petit soleil retourné. Dans les romans de Marguerite Duras ou de Françoise Sagan, il incarne l’ennui d’un après-midi brûlant.
Chez Proust, c’est le parasol qui protège Gilberte dans les jardins des Champs-Élysées. Sur les toiles de Monet, il abrite Madame Monet en promenade, toute de blanc vêtue sous un ciel vibrant. À lui seul, le parasol donne ses couleurs. Il égaye les rivages, même lorsqu’il claque dans le vent. Il fait exister les vacances dans l’imaginaire des estivants.


