C’est le match dans le match ! La campagne des municipales à Rennes prend un tour particulièrement brutal entre le candidat du Rassemblement national, Julien Masson, et la candidate de La France insoumise, Marie Mesmeur. Entre accusations d’intimidation, dénonciations d’« extrême droite » et de « poison pour la démocratie », les deux camps s’affrontent désormais frontalement.
Dans un communiqué envoyé à notre rédaction, Julien Masson affirme être la cible d’incidents répétés lors de distributions de tracts. « Ce mercredi, au marché Sainte-Thérèse, les militants d’extrême-gauche et de La France insoumise nous ont empêchés de distribuer librement nos tracts », accuse-t-il. Depuis, la tension est montée d’un cran ce week-end au marché du Blosne. « Cette fois, c’est Marie Mesmeur elle-même et ses amis qui se sont livrés à des pressions physiques et à des hurlements contre mon équipe. »
Pour le candidat RN, ces scènes sont inacceptables dans une campagne électorale. « Qu’une élue de la République se comporte de cette manière est inadmissible et profondément indigne de la fonction qu’elle occupe. » Au passage, Julien Masson accuse les militants insoumis de vouloir éviter l’expression de ses sympathisants. « Ces méthodes sont celles de la violence, de l’intimidation et de la pression. Elles visent clairement à empêcher nos militants de s’exprimer librement et à faire taire ceux qui ne pensent pas comme eux. » Il parle même d’une dérive grave pour la république. « Marie Mesmeur et son parti sont le poison de la démocratie. Déjà en 2024, j’ai moi-même été agressé et blessé à Rennes par un militant LFI, condamné depuis par la justice. Face aux violences et aux intimidations, nous ne lâcherons rien. La seule réponse, c’est le vote dans les urnes les 15 et 22 mars. »
Mesmeur accuse le RN d’être « dangereux »
De son côté, Marie Mesmeur ne ménage pas non plus son adversaire. Lors d’un meeting à la halle à la brasserie, la candidate insoumise a multiplié les attaques contre le RN et son parti. « Le Rassemblement national est la béquille d’une Macronie agonisante qui tente de surfer sur cette chute pour s’imaginer au pouvoir. » Elle cible directement Julien Masson. « Masson, c’est le candidat du macronisme avec le racisme et la xénophobie en bonus. »
Au passage, Marie Mesmeur a ironisé sur la polémique autour des Transmusicales. « Je lui suggère d’aller discuter avec le député Mathias Renaud, qui voulait supprimer les subventions aux Transmusicales parce que, je cite, ce serait un festival d’artistes transgenres. » Avant d’ajouter : « Quand bien même les Transmusicales seraient un festival d’artistes transgenres, il n’y aurait aucun problème et nous les soutiendrions. » Mais pour Marie Mesmeur, l’enjeu dépasse la simple polémique. « Ils sont néfastes. Trop de militants sont pris pour cible en France. Voilà le visage de l’extrême droite aujourd’hui. Quand le fascisme progresse, l’antifascisme s’organise et se dresse. » Ces échanges très virulents illustrent la fracture politique entre les deux camps. À quelques semaines du scrutin municipal, la campagne rennaise s’annonce donc particulièrement tendue.


