Au Café Istanbul, dans le centre commercial Italie, Marie Mesmeur (La France insoumise) a pris la parole ce lundi soir devant plusieurs journalistes de la presse locale et nationale. Elle était entourée de sa garde rapprochée, dont Victor Bayard et Régine Komokoli. La candidate a annoncé se maintenir au second tour des municipales à Rennes face à Charles Compagnon (centre droit) et Nathalie Appéré (union de la gauche). « On a fait une percée historique », estime Marie Mesmeur. « Il se passe quelque chose de remarquable dans le pays. On se retrouve au second tour à Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Toulouse, Strasbourg, Roubaix, Lille, Besançon, Montpellier, Brest, Tours, Clermont et évidemment Rennes. »

Après avoir salué l’absence du Rassemblement national au second tour à Rennes, Marie Mesmeur a ciblé la stratégie du Parti socialiste. « Les socialistes préfèrent laisser certaines villes partir à droite plutôt que de travailler à l’union. C’est la politique de la terre brûlée », a-t-elle lancé. La candidate a particulièrement visé Nathalie Appéré, tête de liste de Rennes solidaire. « On ne peut pas faire l’union sans la première force de gauche dans le pays, La France insoumise », a-t-elle déclaré. « On ne peut pas refuser l’union et accuser ensuite les autres d’être responsables de la désunion. »
Bien avant le premier tour, Marie Mesmeur affirme avoir tenté d’ouvrir la discussion avec la maire sortante. « Dès mars 2024, j’ai envoyé des courriers à toutes les forces du Nouveau Front populaire pour défendre un front commun à Rennes », a-t-elle expliqué. « J’ai rencontré toutes les forces, sauf les socialistes. » Après le premier tour, la candidate assure ces dernières heures avoir « tendu la main en direct à la télévision » à Nathalie Appéré. « Elle a refusé l’union avec La France insoumise », a-t-elle affirmé.
Malgré l’absence d’accord, la candidate dit croire à ses chances. « Je crois vraiment qu’on va gagner », a-t-elle affirmé. « Les habitants de Rennes aspirent à un programme de rupture : la gratuité des transports, la cantine gratuite, le référendum d’initiative citoyenne, et une écologie populaire pour transformer la ville. Dimanche prochain, il y aura une voie et une liste : celle de “Faire mieux pour Rennes” avec La France insoumise. Ce soir, nous avons déjà six équipes mobilisées dans six quartiers de Rennes pour faire du porte-à-porte. »

À ses côtés, Anjela, militante engagée au NPA-L’Anticapitaliste et candidate sur la liste, a défendu la même ligne politique. A ses côtés, Régine Komokoli a insisté sur la dimension du projet porté par la liste. «Nous portons une écologie radicale et populaire, féministe, tournée vers l’avenir de notre jeunesse», a-t-elle déclaré. Victor Bayard a pour sa part mis en avant plusieurs propositions programmatiques. « Nous avons une véritable politique du logement avec des réponses concrètes contre le mal-logement », a-t-il expliqué, avant de laisser la parole à Marie Mesmeur pour une dernière estocade contre le «socialisme d’accompagnement et le macronisme», représentés par Nathalie Appéré et Charles Compagnon.
Au lendemain du premier tour des élections municipales, en France, les discussions entre formations de gauche se sont multipliées dans de nombreuses villes afin de préparer le second tour. Si le Parti socialiste a réaffirmé qu’il n’existait pas d’accord national avec La France insoumise, les réalités locales ont rapidement conduit à l’ouverture de négociations. Le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a même appelé publiquement LFI à se retirer dans certaines villes, comme Marseille ou Amiens, tout en reconnaissant que des alliances locales restaient possibles. Dans plusieurs métropoles, ces rapprochements ont déjà pris forme.
À Toulouse, socialistes, écologistes et insoumis ont trouvé un accord au terme d’une nuit de négociations pour constituer une liste commune menée par l’insoumis François Piquemal face au maire sortant Jean-Luc Moudenc. À Lyon, la liste du maire écologiste Grégory Doucet a été rejointe par La France insoumise pour tenter de battre l’ancien dirigeant de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas. Des alliances similaires ont été annoncées à Nantes, Avignon, Besançon, Limoges, Brest ou Clermont-Ferrand, souvent pour empêcher une victoire de la droite ou du Rassemblement national. Dans certaines villes, comme Lille, les discussions restent ouvertes entre socialistes, écologistes et insoumis, chaque formation cherchant à peser dans la recomposition des listes avant le dépôt définitif. À Rennes, la situation apparaît visiblement différente.


