Au cœur de la place Saint-Germain, à Rennes, nombreux sont ceux qui ont tenté de faire vivre ce lieu. Beaucoup s’y sont cassé les dents. Plafonds vertigineux, pièces étroites, contraintes techniques… Le projet avait tout d’un casse-tête. « Techniquement, c’était très difficile à monter », reconnaît le restaurateur, Bertrand Saint-Yves. Pour relever le défi, il a fallu l’ingéniosité du cabinet Bachmann Associés pour transformer cet espace complexe en une brasserie élégante et chaleureuse, capable d’accueillir une centaine de convives entre l’intérieur et la terrasse.
À quelques jours de l’ouverture, prévue jeudi 12 mars, l’effervescence règne encore dans la salle. Entre deux consignes données à la cuisine, Bertrand Saint-Yves savoure le moment. « On a dû sortir de notre zone de confort. Les volumes paraissent grands, mais ils ne le sont pas tant que cela. Il fallait réussir à rendre le lieu fonctionnel sans perdre son caractère. » En revanche, la dénomination s’est imposée presque par hasard. En cherchant une identité liée au quartier, le restaurateur tombe en se garant sur le parking Kléber, tout proche. L’idée fait son chemin. « On voulait parler de la place Saint-Germain et de ce qui l’entoure. C’était déjà pris. Le nom Kléber sonnait comme une vraie brasserie. »
À l’intérieur, la décoration s’organise autour d’une pièce centrale, le portrait du général révolutionnaire Kléber, réalisé par la peintre Mathilde. Installé sous un plafond industriel, il donne tout de suite le ton. Autour de lui, tout est travaillé dans les moindres détails : les grandes banquettes dessinées par l’architecte, éclairages de la maison Sarah Lavoine, rideaux signés Dedar et Pierre Frey. Sous les tables, la moquette est une réédition du modèle qui habillait la salle de bain de Serge Gainsbourg, rue Verneuil à Paris. « Quand j’ai vu cette moquette, je l’ai trouvée incroyable. Je me suis dit qu’il fallait absolument la mettre dans un restaurant. »
Plus loin, le bar et le sol en marbre rouge, les chaises inspirées du modèle Driade et les larges banquettes donnent au lieu une atmosphère à la fois chic et sobre. « On voulait quelque chose de confortable, urbain, où les gens se sentent bien et peuvent rester longtemps. » Aux fourneaux, l’équipe défendra une cuisine fidèle à l’esprit brasserie. L’on y dégustera des plats classiques, généreux, avec parfois une légère touche méridionale. À la carte, on pourra trouver par exemple un ceviche iodé, un tartare, des malfadine, ou encore un poulpe grillé. « On demeure dans la grande tradition des bistrots. Nous proposerons une cuisine simple, bien faite. »
Avec 50 couverts à l’intérieur et 60 en terrasse, le restaurant veut devenir un véritable point de rendez-vous pour les Rennais et les Rennaises. « C’est un endroit urbain, pour tout le monde. On veut que les gens puissent venir boire un café le matin, déjeuner, dîner… vivre la place. » Le restaurant ouvrira d’abord du mardi au samedi, avant de viser une ouverture sept jours sur sept dans les semaoines à venir. Aujourd’hui, Bertrand Saint-Yves, déjà propriétaire de plusieurs autres établissements du même style (La Bastide, la Parisienne ou encore La closerie) ne cache pas son enthousiasme. « Je trouve l’endroit parfaitement adapté à la place Saint-Germain. C’est beau, et ça va vivre. » Le Kléber, place Saint-Germain, 35 000 Rennes.



