Une pierre deux coups. Nathalie Appéré, maire de Rennes, était sur la photo, lors de la pose de la première pierre de la future usine de Safran, il y a quelques jours, à Chartres-de-Bretagne. Elle l’était aussi lors d’une semblable cérémonie pour le siège social de Samsic, près de la gare. Avant l’été, elle a fait une… pierre deux coups pour lancer la campagne municipale.
Safran épicé. Les autorités craignaient une action des militants écologistes contre le président du groupe Safran, à l’occasion de l’inauguration de sa nouvelle usine, cette semaine. Mais pas un militant n’a pointé le bout de son nez. Les zadistes prennent aussi des vacances…
Nathalie Appéré, rouleau compresseur. Tout le monde le chuchotait ! C’est entre Rennes et Paris, dans un train, que Nathalie Appéré a convaincu Christian Roulleau, PDG de Samsic, d’ériger sa tour à deux pas de la gare. Il faudrait qu’elle se déplace plus souvent en train.
Rousseau, l’esprit libre. Thomas Rousseau (Les Républicains) semble vouloir faire cavalier seul lors des prochaines élections municipales. Cette initiative ne plait pas aux caciques de la droite rennaise qui, pour beaucoup, espéraient un grand rassemblement du centre-droit aux Républicains pour battre Nathalie Appéré. « On risque de partir divisés, alors que l’on avait toutes nos chances », indique un leader de l’opposition.
Les Insoumis au Blosne. la députée Marie Mesmeur passe à la vitesse supérieure. Elle multiplie ses apparitions dans les petites sauteries républicaines. La jeune femme n’a jamais été aussi présente sur le terrain. Elle a marqué les esprits en organisant au Blosne un meeting politique avec Rima Hassan. Les quartiers, terre de conquête des Insoumis.
Une décision « sage ». Le Conseil départemental a rendu un avis favorable sur le projet de Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) du bassin de la Vilaine. « Les échanges ont donné lieu à des propos irresponsables de la part de la minorité, qui atténuaient la réalité de la pollution de l’eau ou caricaturaient les mesures prévues au SAGE Vilaine », explique le groupe de gauche socialiste et citoyen du département. « Nos opposants évoquaient des agriculteurs montrés du doigt, une volonté “imposée” par Rennes Métropole ou encore “des contraintes”. Ces discours qui instrumentalisent la détresse agricole à des fins électoralistes sont indignes de responsables politiques. La science n’est pas à géométrie variable. Ce rapport sur l’eau repose sur des années d’observation, d’enquêtes de terrain, de participation citoyenne rassemblant plus de 3 500 réponses, ou encore d’ateliers avec les acteurs locaux. »
Il en fait tout un monde. Une semaine avant les élections législatives de 2022, Le Monde publiait un article controversé sur Florian Bachelier, alors député de Bretagne et premier questeur de l’Assemblée nationale. Une procédure judiciaire s’en est suivie, aboutissant en septembre 2023 à la mise en examen de deux journalistes du journal, Mesdames Motet et Darame, pour complicité de diffamation envers une personne dépositaire de l’autorité publique. Mais début juillet 2025, le tribunal judiciaire de Paris a annulé la plainte de Florian Bachelier pour vice de forme, en raison d’une imprécision sur le support de publication. Une décision rendue sans examen du fond, à laquelle l’ancien député a immédiatement fait appel. Pour lui, cette manœuvre vise à éluder les responsabilités. « Plutôt que d’assumer ses fautes, Le Monde tente de se soustraire au débat par la procédure […] Cette publication mensongère visait à salir un élu à quelques jours d’un scrutin national. » Florian Bachelier le redit : l’instruction a révélé « un dossier de fond vide », malgré les « tentatives de la journaliste pour le renforcer » a posteriori. « L’intégralité du dossier – pièces, attestations, constats, échanges – sera mis en ligne dans les prochains jours. Chacun pourra se faire une idée du professionnalisme et de la déontologie des deux mises en examen. » L’affaire se poursuit donc en appel, où l’ancien élu espère un véritable débat sur le fond.
Choisir son camp. Lors du dernier conseil municipal, Charles Compagnon, leader de l’opposition, est intervenu une nouvelle fois sur l’association Le CRIDEV. « Depuis que je suis élu, le CRIDEV a une obsession : dénoncer une violence systémique de la police. Que ce soit par des affiches sur ses vitrines ou par des projections en partenariat avec la très sulfureuse association Front de Mères. Ce type de comportement et d’action contribue à créer un climat de défiance et même de haine envers la police. Mme Appéré, il faut choisir entre demander des effectifs de police à l’État ou soutenir des associations qui proclament que la police assassine. Mme Appéré, vous ne pouvez pas proclamer “Nous ne lâcherons rien !” devant Monsieur le Préfet et soutenir l’écosystème qui défile sous la bannière “Tout le monde déteste la police.” »


