À quelques jours du second tour des municipales à Rennes, le candidat du centre droit Charles Compagnon affiche sa confiance. Malgré un rapport de force serré entre lui, Nathalie Appéré (socialiste) et Marie Mesmeur (insoumise), il mise sur une abstention encore élevée et sur des reports de voix pour créer la surprise. Il a accepté de répondre à nos questions, après un tractage sur le marché du Gast.
Comment vous sentez-vous ?
Charles Compagnon : Le moral est excellent. Nous avons étudié tous les chiffres.
Vous avez étudié tous les scénarios possibles ?
Charles Compagnon :
Oui. On a regardé l’abstention, les bureaux qui ont voté pour nous ou non. Après une analyse poussée, on voit qu’il y a une belle réserve de voix. L’arithmétique ne ment pas. On a une vraie possibilité d’aller chercher la victoire.
Cette réserve, ce sont les abstentionnistes ?
Charles Compagnon : En partie. Dans certains bureaux qui votent habituellement pour nous, il y a eu beaucoup d’abstention. Je pense qu’il y a eu un manque de clarté en fin de campagne, et certains électeurs sont restés chez eux. Là, les choses sont plus lisibles. Il y a une seule liste d’alternance. Et puis il y a aussi des électeurs d’autres listes qui peuvent se reporter sur nous.
Se dirige-t-on vers un résultat très serré ?
Charles Compagnon : Oui, extrêmement serré. Peut-être même jamais autant. Mais l’alternance n’a jamais été aussi possible. Une triangulaire avec deux listes à gauche, c’est inédit. Cela n’a jamais existé. Nous avons donc une vraie carte à jouer.
Êtes-vous déçu de certaines positions politiques, comme celles de Thomas Rousseau ?
Charles Compagnon : Ce n’est pas de la déception, c’est de l’incompréhension. On est dans une élection municipale. Les Rennais et les Rennaises vont choisir leur maire pour les années à venir. Les électeurs ont décidé de nous placer en première liste d’alternance. Je trouve dommage qu’il n’y ait pas de consignes de vote claires. Beaucoup de gens ne comprennent pas cette position, au regard de la situation à Rennes et de ce que vivent les habitants au quotidien, que ce soit sur la sécurité, les transports ou encore l’urbanisme.
Des soutiens nationaux sont-ils prévus pour vous ?
Charles Compagnon : Non. On nous en a proposé, mais on a refusé. On veut rester cohérents. Ce sont des élections municipales. On assume un ancrage local. D’ailleurs, on est les seuls à ne pas avoir nationalisé la campagne. Ce qui rend assez incohérents les procès en “macronisme” qu’on peut me faire. Je n’ai jamais défendu ni Emmanuel Macron, ni aucun gouvernement, quel qu’il soit. Nous sommes les seuls à ne pas avoir présidentialisé cette élection.
Mon adversaire politique, c’est Nathalie Appéré. Mon ennemi, c’est l’abstention. » Charles Compagnon.
Quelle stratégie pour l’entre-deux-tours ?
Charles Compagnon : Un meeting de second tour ne sert qu’à réunir des convaincus. On risque de se retrouver entre nous. Nous, on veut aller chercher ceux qui ne sont pas venus voter. Donc ce sera le terrain : marchés, porte-à-porte, sorties de métro. On organise aussi une opération à ciel ouvert, place de la mairie.
Qui est votre principal adversaire ?
Charles Compagnon : Sans hésiter, et sans langue de bois, l’abstention. Si les gens votent, ils s’expriment clairement. Mais s’ils restent chez eux, on ne sait pas ce qu’ils veulent. C’est pour cela qu’on a lancé ces cartes postales avec un message simple : allez voter. Mon adversaire politique, c’est Nathalie Appéré. Mon ennemi politique, c’est l’abstention.
La campagne a-t-elle commencé trop tard ?
Charles Compagnon : On a commencé très tôt, 300 jours avant le premier tour. Mais les gens ne s’y intéressaient pas encore. Au final, tout s’est joué en un mois. On décide six ans de mandat en quelques semaines, c’est la réalité.
Vous évoquiez une “fenêtre de tir”. C’est toujours le cas ?
Charles Compagnon : Oui. On est passé d’une fenêtre à une porte-fenêtre. J’espère même une véranda ! On est très confiants, même si ce sera extrêmement serré. On joue pour gagner, pas pour faire de la figuration.


