Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a donné raison aux sociétés Bouygues Télécom et Cellnex France dans deux dossiers distincts concernant l’implantation d’antennes relais en Ille-et-Vilaine. Par deux ordonnances rendues le 20 février 2026, il a suspendu une «prescription» imposés par la maire de Rennes et l’opposition à un projet décidée par le maire d’Acigné. Dans les deux cas, le tribunal estime que les conditions d’urgence et de doute sérieux sur la légalité des décisions sont réunies.
À Rennes, le litige portait sur un projet d’antenne installé sur le toit d’un immeuble situé rue Jean Marin. La maire avait autorisé les travaux, mais en imposant de reculer de deux mètres certains mâts afin de limiter leur impact visuel. Les opérateurs contestaient cette contrainte, la jugeant techniquement difficile, voire impossible à mettre en œuvre sans modifier en profondeur le projet.
Le juge des référés leur a donné raison au motif que cette exigence risquait d’empêcher concrètement la réalisation de l’installation, notamment en raison des équipements déjà présents sur le toit et des contraintes de propagation des ondes. « Il ne ressort pas (…) que les antennes (…) du fait de leur impact visuel relativement limité, soient de nature à porter atteinte à l’environnement urbain », ajoute le juge des référés.
À Acigné, le contexte est différent mais l’issue similaire. Le maire s’était opposé à la déclaration préalable déposée pour un pylône de 35 mètres en zone agricole, au lieu-dit La Planche. La commune invoquait une atteinte au paysage et la possibilité de « mutualiser » les équipements avec un relais existant.
Selon le tribunal, à ce stade de la procédure, l’impact visuel du pylône dans un environnement agricole sans caractère paysager particulier ne semblait pas suffisant pour justifier un refus. Ces décisions ne tranchent pas le fond des dossiers, qui sera examiné ultérieurement. Elles permettent toutefois aux projets de suivre leur cours dans l’immédiat : à Rennes, la prescription contestée est suspendue ; à Acigné, le maire devra réexaminer la demande dans un délai d’un mois. Les communes ont en outre été condamnées à verser respectivement 1 500 euros et 1 000 euros aux sociétés requérantes au titre des frais de justice.


