Dimanche matin, aéroport de Rennes. Olivier, Breton organisé, s’apprête à décoller pour Lisbonne avec son billet, son passeport et son pâté Hénaff, 156 g, acheté pour fêter son arrivée en terre portugaise. Il s’en faisait une joie (tout comme sa femme et ses enfants). Mais au contrôle des bagages, le couperet administratif tombe : la boîte est trop lourde. Elle ne devait pas dépasser les 100 grammes. Soit 56 grammes de trop. « J’aurais dû acheter plusieurs boîtes de 78 grammes et cela serait passé », s’amuse le voyageur.

Le plus savoureux dans cette histoire, c’est qu’il existe des mesures spécifiques (voir photo ci-dessus). Le caramel de beurre salé bénéficie d’un régime dérogatoire, tout comme la confiture de fraises de Plougastel. Ils peuvent voyager dans un contenant supérieur à 100 ml. Le foie gras passe crème aussi. Mais le pâté Hénaff, emblème né en 1907 à Pouldreuzic, en terre bigoudène, se voit signifier un refus net.
La boîte confisquée, promise aux Restos du Cœur, ne verra jamais le Tage, a-t-on appris du côté de l’aéroport. À Lisbonne, l’apéritif manquera toutefois d’accent armoricain. Moralité : à Rennes, on peut voyager avec du foie gras, mais pas avec 156 g de fidélité régionale. La Bretagne, oui. À condition de la découper en portions réglementaires. Pas de quoi en faire tout un pat…aquès.


