Chaque année, près de 1 800 Bretons meurent d’un cancer du poumon. Pour tenter de réduire cette mortalité, l’Agence régionale de santé (ARS) déploie en Bretagne un nouveau programme de dépistage destiné aux fumeurs et anciens fumeurs âgés de 50 à 74 ans. Baptisé IMPULSION, ce dispositif repose sur un scanner thoracique gratuit et un accompagnement à l’arrêt du tabac. Plus de 1 000 personnes pourront en bénéficier dans la région.
Le cancer du poumon reste l’un des plus redoutables. En France, il touche environ 52 800 nouvelles personnes chaque année et provoque plus de 31 000 décès. En Bretagne, il constitue la première cause de mortalité par cancer, avec près de 1 800 décès annuels. Malgré les progrès de la médecine, son pronostic demeure préoccupant : le taux de survie nette à cinq ans n’est que de 20 %, selon les données communiquées par l’ARS Bretagne. La principale difficulté tient à la découverte souvent tardive de la maladie. « Aujourd’hui, la majorité des cancers du poumon sont encore diagnostiqués à un stade avancé, ce qui limite les possibilités de traitement curatif », souligne l’agence sanitaire. C’est précisément pour agir plus tôt que la Bretagne rejoint le programme national IMPULSION, porté par l’Institut national du cancer (INCa).
Un scanner gratuit pour détecter les premières lésions
Sixième région française à intégrer cette expérimentation, la Bretagne prévoit d’inclure 1 054 participants. Le dispositif est piloté par l’ARS Bretagne, avec le CHU de Rennes comme établissement de santé porteur. Sept centres de radiologie habilités participeront au programme, à Rennes, Vannes, Lorient, Quimper, Brest, Lannion et Saint-Brieuc. Le principe est simple : proposer aux personnes présentant un risque élevé de cancer du poumon un scanner thoracique à faible dose, rapide, sans injection et pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Cet examen permet de repérer d’éventuelles lésions avant l’apparition des symptômes.
L’enjeu est considérable. « Les études internationales ont montré qu’un dépistage reposant sur le scanner thoracique à faible dose permet de réduire la mortalité par cancer du poumon de 20 à 25 % », précise l’ARS Bretagne. Le programme prévoit également un accompagnement à l’arrêt du tabac. Pour les autorités sanitaires, « associé à un accompagnement au sevrage tabagique, ce bénéfice est encore renforcé ».
Qui peut bénéficier de ce dépistage ?
Le programme ne s’adresse pas à tous les fumeurs. Il concerne les personnes âgées de 50 à 74 ans, qui fument encore ou qui ont arrêté depuis moins de quinze ans, et dont la consommation passée est importante. Pour être potentiellement éligible, il faut notamment avoir fumé au moins un paquet de cigarettes par jour pendant vingt ans, ou deux paquets par jour pendant dix ans. Ces deux situations correspondent à une exposition de 20 « paquets-années », unité utilisée par les médecins pour mesurer la consommation cumulée de tabac. Les personnes intéressées peuvent vérifier leur éligibilité sur le site www.depistage-cancer-poumon.fr ou par téléphone au 3433. Elles pourront ensuite être orientées vers un médecin participant à l’expérimentation, chargé de confirmer leur admission dans le programme.
Le tabac responsable de huit cancers du poumon sur dix
Cette initiative intervient alors que la consommation de tabac recule en Bretagne. Selon l’ARS, la proportion de fumeurs quotidiens est passée de 25,5 % en 2021 à 19,5 % en 2023, faisant de la région l’une de celles où l’on fume le moins en France métropolitaine. Mais les conséquences du tabagisme restent lourdes. « Le tabagisme demeure le principal facteur de risque et est à l’origine d’environ 80 % des cancers du poumon », rappelle l’agence sanitaire.
Au-delà du dépistage, IMPULSION entend aussi toucher les personnes les plus éloignées du système de soins. Médecins généralistes, pneumologues, addictologues, radiologues et Assurance maladie sont mobilisés pour faciliter leur participation. Le Centre régional de coordination de dépistage des cancers (CRCDC Bretagne) accompagnera notamment les personnes sans médecin traitant. L’objectif est aussi de « réduire les inégalités sociales de santé en allant à la rencontre des personnes les plus éloignées du système de soins », explique l’ARS.
Avec cette expérimentation, les autorités sanitaires préparent la mise en place éventuelle d’un dépistage organisé du cancer du poumon à l’échelle nationale. Il s’agit, selon l’ARS, d’une « étape déterminante pour anticiper la future généralisation du dépistage organisé du cancer du poumon et en préparer les conditions de réussite ». L’espoir est de découvrir davantage de cancers à un stade précoce, lorsque les possibilités de traitement sont les meilleures. Pratique : programme IMPULSION, pour les fumeurs et anciens fumeurs de 50 à 74 ans répondant aux critères d’exposition au tabac. Test d’éligibilité sur www.depistage-cancer-poumon.fr ou au 3433. Scanner pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.


