Le samedi 17 octobre, Rennes avait connu une journée particulièrement mouvementée. Une semaine plus tard, les organisations syndicales ne souhaitent pas voir la mobilisation s’essouffler. Solidaires 35 et SUD-PTT d’Ille-et-Vilaine appellent à un nouveau rassemblement, samedi 24 octobre, à 14 h, place de Bretagne, afin de remettre au premier plan les revendications sociales, qu’ils estiment éclipsées par les violences.
Dans un communiqué publié le 22 octobre, SUD-PTT dénonce la communication gouvernementale autour des « émeutiers et des casseurs ». Le syndicat revendique « près de 30 000 manifestants à Rennes et 800 000 dans l’Hexagone », des chiffres nettement supérieurs aux 12 000 participants comptabilisés par la préfecture dans la capitale bretonne. « Nous constatons qu’aujourd’hui toutes les forces politiques ou syndicales ainsi que les médias trouvent tout à coup que les revendications portées par la jeunesse sont légitimes », écrit l’organisation. Avant de s’interroger : « Mais comment se fait-il que ce mouvement est ignoré depuis un mois ? »
SUD-PTT accuse le gouvernement d’avoir cherché, dès les premières mobilisations lycéennes et étudiantes, à présenter les manifestants comme des fauteurs de troubles.
Les critiques syndicales portent aussi sur le rassemblement du mardi 20 octobre, interdit par la préfecture. Selon Solidaires 35, plusieurs centaines de personnes s’étaient retrouvées à 11 h place Charles-de-Gaulle. « Des contrôles d’identité et des fouilles ont été effectués avant même le début de la mobilisation. Ce jour-là, nous comptabilisons trois interpellations, dont celles de deux militants de la Fédération syndicale étudiante. Une personne a été placée en garde à vue.»
Solidaires dénonce au passage la dispersion des manifestants en direction de la rue de l’Alma, puis de la rue de Châtillon. Selon le syndicat, plusieurs personnes auraient ensuite été encerclées et contrôlées à proximité de l’école Oscar-Leroux. « Solidaires 35 dénonce l’arrêté liberticide de la préfète, les contrôles d’identité abusifs, les interpellations arbitraires et ces pratiques policières visant à intimider et à empêcher toute mobilisation », écrit l’organisation.
Selon les syndicats, les revendications des lycéens et des étudiants, notamment sur les moyens de l’éducation, la précarité et Parcoursup, ne trouvent aucune réponse politique. « Nous refusons que la contestation sociale soit criminalisée », insiste Solidaires 35. Avant de prévenir : « Face à cette politique autoritaire, nous ne reculerons pas. Nous ne nous tairons pas, nous ne nous laisserons pas intimider. »
Au-delà de la dénonciation des interventions policières, Solidaires appelle à poursuivre la mobilisation sociale les 24 et 31 octobre. L’organisation réclame « l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur les prix », la taxation des superprofits et un meilleur partage des richesses. Elle demande également un budget répondant davantage aux besoins de la population, avec notamment 10 milliards d’euros supplémentaires pour l’éducation. « C’est par la grève et le blocage de l’économie que nous allons gagner », affirme-t-il dans son communiqué.
Un appel à la grève a ainsi été lancé dans le public comme dans le privé pour accompagner les prochaines mobilisations. « Ni les pilleurs du gouvernement, ni les pilleurs des centres-villes ne nous empêcheront de manifester contre les mesures austéritaires et injustes du gouvernement », écrit le syndicat Sud PTT,. Lequel renvoie dos à dos les politiques économiques de l’exécutif et les auteurs des pillages. Reste désormais à savoir dans quelles conditions pourra se tenir le rassemblement du samedi 24 octobre. Après les violences du 17 octobre et l’interdiction de la mobilisation du 20 octobre, les autorités ont annoncé leur intention de renforcer les dispositifs de sécurité.


