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mardi 20 octobre 2026
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Rennes 2 : la justice valide la fermeture des campus après des dégradations « d’une ampleur inédite »

Ce 19 octobre, la justice administrative donne raison à la présidence de Rennes 2. Saisi en urgence par la CGT FERC Sup Rennes 2 et SUD Éducation 35, le tribunal administratif de Rennes a refusé  d’ordonner la réouverture des campus de Villejean et de La Harpe. Les deux syndicats dénonçaient une fermeture prolongée depuis le 5 octobre, pénalisant près de 20 000 étudiants et les personnels de l’université. Ils invoquaient notamment des atteintes au droit à l’instruction, à la liberté syndicale, aux libertés d’expression et de réunion ainsi qu’à la liberté d’aller et venir. Mais pour le juge, les mesures prises par la présidence ne portent pas une atteinte grave et manifestement illégale à ces libertés.

Dans son ordonnance, le tribunal revient sur les violences survenues depuis le 5 octobre. Il évoque « des dégradations matérielles d’une ampleur inédite et des agissements particulièrement dangereux pour la sécurité des personnes ». Dans la nuit du 5 au 6 octobre, plusieurs centaines de personnes ont pénétré dans les bâtiments universitaires. Le juge cite notamment « l’escalade des toits, des descentes en rappel depuis le bâtiment B et le forçage d’une armoire électrique alimentée sous une tension de 20 000 volts ». Portes forcées, cloisons enfoncées, plafonds dégradés, extincteurs vidés : les dégâts ont touché plusieurs bâtiments. Dans le bâtiment B, les systèmes de sécurité contre les intrusions et les incendies ont été mis hors d’usage. Selon les expertises, il ne peut plus accueillir du public dans des conditions satisfaisantes. Le tribunal estime donc que la fermeture de Villejean reste justifiée, même si certains bâtiments auraient techniquement pu rouvrir séparément. Il relève d’ailleurs que la bibliothèque universitaire centrale et la crèche ont pu rester accessibles.

les libertés de réunion et d’expression ne peuvent justifier des troubles qui nuisent gravement au fonctionnement de l’université.

Concernant La Harpe, les syndicats estimaient que sa fermeture était injustifiée en l’absence de dégradations comparables. Mais le juge rappelle qu’une centaine de personnes y avaient pénétré le 6 octobre. Il souligne surtout sa proximité avec la rocade, considérée par les assemblées générales étudiantes comme « un point de blocage économique stratégique ». Le samedi 17 octobre, des barricades enflammées ont justement été dressées à proximité, provoquant la fermeture de la rocade pendant environ une heure dans les deux sens. Pour le tribunal, ces événements confirment le risque de nouvelles occupations et justifient une mesure préventive qu’il juge proportionnée.

Les deux syndicats dénonçaient également l’impossibilité d’accéder à leurs locaux et de préparer normalement les élections professionnelles de décembre. Le tribunal estime toutefois qu’ils disposent d’autres moyens de communication et que l’université a prévu le dépôt des candidatures à distance ainsi que des permanences sur le campus de La Harpe. « La préparation des échéances électorales ne saurait aucunement être regardée comme compromise », écrit le juge. Quant aux cours annulés ou difficiles à assurer à distance, il relève que l’université a maintenu autant que possible les enseignements sur sa plateforme numérique. Il précise surtout que les syndicats, chargés de défendre les personnels, ne peuvent pas invoquer directement dans cette procédure les droits des étudiants.

Au final, le tribunal rejette l’ensemble des demandes, sans avoir besoin de se prononcer sur l’urgence. Les deux syndicats devront chacun verser 1 200 euros à Rennes 2 au titre des frais de justice, soit 2 400 euros au total. La fermeture des campus de Villejean et de La Harpe reste prévue jusqu’au dimanche 25 octobre inclus, à l’exception notamment de la bibliothèque universitaire centrale et de la crèche. Pour les étudiants, le retour à la normale dépendra désormais de la remise en sécurité des bâtiments et de l’évolution de la situation.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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