7 C
Rennes
lundi 19 octobre 2026
AccueilActualitésViolences urbaines : la préfète annonce des mesures contre les attroupements nocturnes

Violences urbaines : la préfète annonce des mesures contre les attroupements nocturnes

Après les violences urbaines du samedi 17 octobre et les nouvelles tensions du dimanche, la préfète d’Ille-et-Vilaine, Emmanuelle Dubée, a annoncé ce lundi 19 octobre plusieurs mesures destinées à protéger les commerces rennais. Un arrêté interdira, de 20 h à 5 h, les attroupements de groupes susceptibles de commettre des dégradations ou des pillages. Face aux critiques sur le maintien de l’ordre, la représentante de l’État défend fermement l’action des policiers et des gendarmes.

Photo : Les artisans ont travaillé très tard pour aider les commerçants.

« J’ai pris en compte non seulement leurs émotions, mais aussi leurs besoins », a expliqué la préfète à la presse. En organisant cette réunion, elle tenait à répondre aux inquiétudes des commerçants, à préparer les prochains jours, mais aussi à réfléchir aux dispositifs économiques et financiers susceptibles de les accompagner. Dès ce lundi soir, la préfète a annoncé un arrêté interdisant les attroupements nocturnes de groupes constitués dans le but de commettre des dégradations ou des pillages. La mesure s’appliquera entre 20 h et 5 h dans les secteurs commerciaux les plus touchés. « Ce n’est pas un couvre-feu. Cela n’empêche évidemment pas des personnes de venir au centre-ville quand elles viennent avec une bonne intention, c’est-à-dire d’aller tout simplement avoir une soirée culturelle ou d’aller au restaurant. »

L’objectif est tout autre. « C’est une mesure adaptée aux événements que nous avons connus : elle donnera une base juridique à la police pour la période de nuit, pour disperser des groupes qui se constituent en vue de commettre un délit. » Durant les interventions, les policiers pourront, dans le cadre des réquisitions accordées par le procureur de la République, procéder à des contrôles d’identité et disperser les groupes susceptibles de commettre des dégradations ou des pillages. L’arrêté pourra être renouvelé autant que nécessaire. Il concernera principalement les rues commerçantes où des dégradations ont été constatées, notamment dans l’hypercentre, rue de Nemours et autour du Colombier. Le secteur de l’Alma a également été évoqué. En revanche, la place Sainte-Anne ne devrait pas être concernée, a précisé la préfète.

Une soixantaine de commerces touchés, un préjudice encore inconnu

Communiqués par la préfète, les premiers chiffres donnent une idée de l’ampleur des destructions. « Un premier recensement estime à une soixantaine de commerces touchés. Il inclut ceux qui ont été pillés ou ceux qui ont eu leurs vitres dégradées, mais sans que des pilleurs puissent entrer », a indiqué Emmanuelle Dubée. Toutefois, ce bilan reste provisoire. Un travail sera mené avec la Chambre de commerce et d’industrie et les associations de commerçants afin d’établir une liste exhaustive des établissements touchés et de s’assurer que chacun puisse déposer plainte et engager ses démarches auprès de son assurance.

Quant au montant du préjudice, il demeure impossible à établir pour le moment. « C’est trop tôt pour pouvoir, pour tous ces commerçants, estimer la réalité de leur perte. Mais c’est ce qu’on fera avec eux dans les prochains jours. » La préfecture souhaite au passage faciliter les démarches administratives. Un dispositif simplifié de dépôt de plainte sera mis en place avec la police nationale. Dans le même temps, un guide pratique sera élaboré avec la Chambre de commerce et d’industrie pour orienter les professionnels vers leurs assurances et les différents dispositifs d’aide. « Ce que j’ai surtout constaté aussi, c’était le besoin d’avoir un mode d’emploi simple, des interlocuteurs identifiés », a souligné la préfète.

Dans les prochains jours, un accompagnement psychologique sera proposé aux commerçants les plus éprouvés. « Nous mettrons en place un appui psychologique pour des commerçants qui ont été très éprouvés et qui, je pense, en auront besoin immédiatement ou même dans les prochains jours. » Sur le plan économique, Emmanuelle Dubée a évoqué les annonces du Premier ministre, notamment le recours à l’activité partielle et de possibles mesures concernant les charges sociales et fiscales. Leurs modalités doivent encore être précisées au niveau national.

De nouvelles tentatives de pillage déjouées dimanche

La préfète est également revenue sur les événements du dimanche 18 octobre. Après la dispersion de plusieurs centaines de personnes rassemblées place Sainte-Anne, malgré l’interdiction préfectorale, les forces de l’ordre ont dû intervenir dans d’autres secteurs de Rennes. « Après 16 heures, des tentatives de pillage de groupes souvent très jeunes, très mobiles, qui se rapprochaient des centres commerciaux avec, très certainement, la volonté à nouveau de s’en prendre au commerce », a-t-elle expliqué. Selon Emmanuelle Dubée, « ces attaques ont toutes été déjouées ». Ces nouvelles tentatives, au lendemain des pillages massifs du samedi, ont renforcé les inquiétudes des commerçants et motivé les mesures de protection annoncées ce lundi.

D’ores et déjà, les autorités se préparent à de nouveaux rassemblements annoncés pour samedi 24 octobre. La préfète n’exclut pas toutefois de renforcer les effectifs, mais estime qu’il est encore trop tôt pour détailler le dispositif. Dès maintenant, elle appelle les organisateurs à déclarer leurs manifestations afin de préparer des parcours adaptés et d’éviter les rues où des commerces restent fragilisés. « Nous préparons évidemment déjà samedi prochain, au vu de ce qu’il se passe en France entière et de ce qui s’est passé samedi dernier. »

La préfecture réfléchit avec la ville de Rennes aux mesures permettant de mieux protéger certains commerces et à d’éventuels autres parcours. En revanche, Emmanuelle Dubée n’a pas demandé aux commerçants de fermer leurs établissements samedi prochain. « J’ai quand même conscience qu’il faut qu’ils puissent travailler. Ce sont des commerçants. Si cette mesure devait être nécessaire, pourquoi pas. Mais d’emblée, ce n’est pas une mesure (…) que je leur ai demandée. » Ce lundi soir, la préfète a tenu à renouveler sa confiance dans les forces de sécurité. « Le maintien de l’ordre, c’est toujours très spécifique. Une manifestation n’est jamais la même que celle d’avant. » Si des renforts supplémentaires sont nécessaires, elle assure que les policiers répondront présents. « Nous serons prêts et j’ai totale confiance dans nos forces de l’ordre, police comme gendarmerie. »

Partout, dans la ville, les panneaux en bois sont posés pour protéger les façades.

Dernière minute : Un appel à un rassemblement revendicatif, mardi 20 octobre, place Charles de Gaulle à Rennes, a été publié sur les réseaux sociaux.
 Compte tenu des graves troubles à l’ordre public constatés le 17 octobre et des risques de nouvelles violences que représente cet appel à rassemblement, il est interdit par arrêté préfectoral.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

// Dernières nouvelles publiées

Violences du 17 octobre : les forces de l’ordre ont-elles été débordées ?

Pillages de commerces, vitrines fracassées, barricades incendiées, jets de pavés et de barres de fer contre les policiers… Ce samedi 17 octobre 2026 restera...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser