Un important trafic de cannabis et de cocaïne, organisé à travers une vitrine numérique et rayonnant sur l’ensemble de la Bretagne, vient d’être démantelé par les policiers rennais. Mardi 13 octobre 2026, huit personnes, quatre hommes et quatre femmes, ont été interpellées lors d’une vaste opération judiciaire. Les enquêteurs ont notamment découvert près de 190 000 euros en espèces, plusieurs kilos de stupéfiants et quatre armes. Six personnes ont été poursuivies, dont l’une a été placée en détention provisoire et une autre sous contrôle judiciaire.
La drogue se vendait aussi derrière les écrans. Depuis plusieurs mois, les enquêteurs de la brigade des stupéfiants de la Division de la criminalité territoriale (DCT) de Rennes travaillaient sur un réseau de distribution de cannabis et de cocaïne particulièrement structuré. En août 2026, le parquet de Rennes leur avait confié une enquête préliminaire sur ce trafic implanté « sur l’ensemble de la Bretagne et en particulier de l’Ille-et-Vilaine », selon les termes du procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet.
Les investigations portaient sur plusieurs infractions : trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs en vue de préparer un délit puni de dix ans d’emprisonnement et blanchiment de trafic de stupéfiants. Après plusieurs semaines d’enquête, les policiers sont passés à l’action mardi 13 octobre, sous la direction du procureur de la République. Huit suspects, quatre femmes et quatre hommes, ont été interpellés. Les perquisitions ont permis de mesurer l’importance présumée de l’activité. Les policiers ont découvert « près de 190 000 euros en numéraires », mais également près de deux kilos de résine de cannabis, 745 grammes d’herbe et 220 grammes de cocaïne. Quatre armes de catégorie B et des munitions ont aussi été saisies.
À ces découvertes s’ajoutent près de 24 000 euros bloqués sur les comptes bancaires des personnes mises en cause, ainsi que des vêtements de luxe et trois véhicules. À l’issue des gardes à vue, deux des huit personnes interpellées ont été remises en liberté sans poursuites judiciaires. Quatre autres, qui ne présentaient aucun antécédent judiciaire, ont été jugées dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une procédure permettant de prononcer une condamnation lorsque les faits sont reconnus. Elles ont écopé de peines allant de dix mois d’emprisonnement avec sursis à trois ans d’emprisonnement, dont une partie assortie d’un sursis. Les portions fermes de ces condamnations seront aménagées sous bracelet électronique. Les intéressés ont également l’interdiction d’entrer en contact avec les autres personnes impliquées pendant trois ans. Deux personnes, présentées comme ayant joué « les rôles les plus importants dans le trafic », devront répondre de leurs actes devant le tribunal correctionnel de Rennes le 14 décembre 2026. Dans l’attente de leur jugement, elles demeurent présumées innocentes des faits qui leur sont reprochés. L’une a été placée sous contrôle judiciaire et l’autre en détention provisoire.


