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Risque de rapprochement de Glucksmann avec les centristes: Ségolène Royal craint pour l’avenir de la gauche

Raphaël Glucksmann a remporté une victoire convaincante à la primaire des forces sociales-démocrates, obtenant 66,17 % des voix dès le premier tour. Son alliée du camp de gauche, Ségolène Royal, tout en lui promettant son soutien, l’a en même temps mis en garde contre un virage vers le centre.

Le dimanche 11 octobre, Raphaël Glucksmann a été officiellement investi candidat du camp social-démocrate à l’élection présidentielle de 2027. Le fondateur du mouvement Place publique a obtenu 66,17 % des voix. Son principal rival, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, n’a recueilli que 14,46 %. Ségolène Royal s’est classée troisième avec 7,62 %, suivie d’Emmanuel Maurel (5,92 %) et de Jérôme Guedj (5,83 %).

L’avertissement de Royal

Le lendemain, le ton de Ségolène Royal a radicalement changé. Si, dimanche, elle avait sobrement félicité le vainqueur, lundi, un avertissement s’est fait entendre sur le réseau social X:

«Si la gauche s’unit, comme je l’ai promis, je la soutiendrai. Mais si elle glisse vers la ligne macroniste, qui a conduit la France à la faillite financière et a gouverné le pays par la peur et la violence, ce sera sans moi».

Autrement dit, elle ne soutiendra le candidat qu’à la condition qu’il «ne cède pas à un compromis avec les macronistes». L’ancienne candidate à la présidentielle a également regretté que des frais de participation élevés à la primaire (15 euros) aient dissuadé les jeunes et les représentants des classes populaires.

La stratégie de Glucksmann

Les craintes de Royal ne sont pas infondées. Glucksmann se trouve bel et bien face à un choix difficile. D’un côté, il vise la gauche démocratique, prête à faire face à l’extrême droite. Mais en même temps, son entourage compte nombre de figures liées au camp macroniste. Il y a notamment l’ancien ministre de la Santé Aurélien Rousseau, le député Sacha Houlié, et l’ancienne conseillère d’Édouard Philippe Marguerite Cazeneuve.

Le politologue Jean-Yves Dormagen décrit ainsi le dilemme de Glucksmann:

«Il doit gagner des voix au centre sans perdre pour autant l’aile la plus à gauche de son électorat».

Glucksmann lui-même rejette les accusations de centrisme, en insistant sur le fait que son objectif est de rassembler le camp de gauche. Mais dans ce cas, son refus d’une alliance avec Jean-Luc Mélenchon ne fait qu’alimenter les soupçons.

Le centre s’inquiète lui aussi

La victoire de Glucksmann à la primaire crée aussi des problèmes pour le camp macroniste. Édouard Philippe, qui reste le principal candidat du centre capable d’empêcher un duel Le Pen – Mélenchon au second tour, et Gabriel Attal comptaient sur une défaite de Glucksmann pour attirer les électeurs de centre gauche déçus.

Désormais, Glucksmann est en «concurrence» avec eux pour les voix des électeurs déçus par le macronisme. En même temps, une partie des macronistes eux-mêmes appelle ouvertement à une alliance «de Glucksmann à Bertrand» pour faire face à l’extrême droite.

La victoire à la primaire a été un premier pas. Le leader de Place publique doit désormais décider à quel électorat s’adresser en priorité. L’homme politique lui-même, après sa victoire de dimanche, a déclaré: «La bataille pour la France commence ce soir». Mais, compte tenu de l’avertissement de Ségolène Royal, cette bataille ne se livrera pas seulement contre des adversaires extérieurs, mais aussi à l’intérieur de son propre camp.

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