À Beauregard, quelque 150 personnes, dont 59 enfants, vivraient toujours sous des tentes. Au conseil municipal de Rennes, Marie Mesmeur (LFI) a interpellé la majorité et réclamé une action commune des élus auprès de l’État pour trouver une solution d’hébergement.
« Ils ont 4 mois, 6 ans, 13 ans, 16 ans. » Au conseil municipal, Marie Mesmeur a voulu mettre des âges et des visages sur la situation du campement de Beauregard. Environ 150 personnes y tenteraient aujourd’hui de survivre, parmi lesquelles 59 enfants.Certains seraient scolarisés à Rennes.
Mais une fois la classe terminée, ils retrouveraient les tentes du campement. « Ils se trouvent en classe avec nos enfants, mais le soir, eux, n’ont pas accès à l’électricité pour faire leurs devoirs », a insisté l’élue.
Après les fortes chaleurs estivales, elle s’inquiète désormais de l’arrivée de l’hiver. Devant ses collègues, Marie Mesmeur n’a pas mâché ses mots. Elle refuse que cette situation finisse par entrer dans le paysage. « La maltraitance, c’est de s’habituer à ces images », a-t-elle lancé.
L’élue pointe au passage le jeu de ping-pong entre collectivités et services de l’État. « Un coup, c’est l’État, un coup le département, un coup la région. Depuis deux ans, assure-t-elle, les démarches entreprises n’auraient pas permis de trouver une solution durable.»
Marie Mesmeur reconnaît toutefois les efforts de la Ville et ses 950 places d’hébergement d’urgence. Mais elle demande désormais à la majorité rennaise de hausser le ton. Elle propose une interpellation publique et commune de l’État, notamment auprès de la préfète d’Ille-et-Vilaine et du gouvernement. « Je ne crois pas que le silence, ou les échanges de couloirs, changent réellement les choses, sinon on n’en serait pas encore là. »
Parmi les pistes avancées figure la réquisition de bâtiments ou de logements vacants. Sur ce point, la députée a directement interpellé Nathalie Appéré, rappelant que la réquisition avait figuré parmi ses engagements. Son intervention s’est achevée sur un appel à dépasser les différences politiques. « N’y voyez aucun mépris, juste un appel à l’aide et à la mobilisation collective, à une seule voix, celle collégiale des élus de Rennes. » Avec, en guise de dernière justification : « Surtout car il s’agit d’enfants. »


