Un arbre tombe, puis un autre. Ce mardi 15 septembre, les tronçonneuses ont pris possession du square d’Erlangen, dans le quartier du Gast-Gayeulles, à Rennes. Une dizaine d’arbres avaient déjà été abattus dans la matinée. À terme, 86 doivent disparaître, selon Nature en ville, dans le cadre d’un projet comprenant notamment 21 logements et un local pour le service des jardins. Sur place, certains habitants accusent le coup.
Marine est de ceux-là. Prévenue des premières coupes, cette riveraine est venue constater le chantier. « J’en étais malade ! », confie-t-elle. Sur place, un médiateur est pourtant venu sa rencontre pour lui présenter le futur aménagement. Mais ses explications ne la rassurent guère. « D’après lui, c’est formidable ce qui va se passer ! Un nombre incalculable de logements réunis autour d’un nouveau square avec des arbres qui seront aussi grands que ceux du square actuel. Mais d’ici 60 ans, bien sûr. »
Ce matin, la riveraine regarde les grands arbres disparaître et pense déjà aux étés prochains. « Mon Dieu, on marche sur la tête. On va subir travaux, hausse de la chaleur et surpopulation au mètre carré. » Même colère du côté de Pascal Branchu. « Ils coupent les arbres square Erlangen… 86 arbres seront à terme coupés », dénonce-t-il. Pour nous, une autre solution était possible. Il fallait déplacer l’emprise du projet sur le parking mitoyen afin d’épargner davantage d’arbres.»
Pour Pascal Branchu, voir aujourd’hui les tronçonneuses à l’œuvre est incompréhensible. « Après quatre canicules et la sécheresse toujours en cours, rien ne change », fulmine-t-il. «Nous sommes dans une totale contradiction entre les discours de la municipalité sur le climat et la biodiversité et les décisions prises sur le terrain.» Une situation d’autant plus incompréhensible qu’en 2019, les habitants avaient participé à une concertation autour de l’avenir des squares des Marginelles et d’Erlangen. « Ce matin, les habitants du Gast-Guy-Ropartz-Les Gayeulles étaient bien tristes de constater tout cela », rapporte Pascal Branchu.
Le square possède aussi une dimension symbolique. Son nom rappelle le jumelage entre Rennes et la ville allemande d’Erlangen, matérialisé sur place par un mémorial. Nature en ville réclame désormais à Nathalie Appéré et à la municipalité un « plan d’urgence arbres », proposé dès le 1er août. Derrière la colère du jour revient une question désormais récurrente dans une ville qui continue de se densifier : comment construire de nouveaux logements sans sacrifier les grands arbres déjà installés ? Au square d’Erlangen, le débat n’est déjà plus théorique. Les premiers sont à terre.


