La polémique autour du drapeau arc-en-ciel prend une tournure singulière en Bretagne. À quelques jours d’intervalle, deux affaires distinctes suscitent des réactions politiques opposées autour du symbole des fiertés LGBTQIA+. À Rennes, le président du Conseil régional dénonce le vol d’une banderole du « Mois des fiertés » et d’un drapeau arc-en-ciel ; à Romagné, le conseiller régional RN Gilles Pennelle condamne lui la dégradation d’une statue de Jeanne d’Arc dont l’étendard a été recouvert des couleurs de ce même drapeau.
«La banderole a été arrachée pour la troisième année consécutive », souligne la collectivité régionale. Dans un communiqué, le président du Conseil régional, Loïg Chesnais-Girard, monte au créneau. Il condamne « la haine, à rebours des valeurs d’ouverture, de solidarité et d’inclusion» de la Bretagne. «Derrière cet acte, il y a une volonté d’intimider celles et ceux qui défendent l’égalité, le respect et la dignité de chacun. La Bretagne est une terre de liberté. (…) Personne, absolument personne, ne devrait avoir à subir des insultes, des menaces ou des violences en raison de son orientation sexuelle ou de son identité.», écrit-il.
Une plainte sera déposée!
Après ce vandalisme, le président de la région annonce la venue d’une nouvelle banderole ainsi qu’un nouveau drapeau À une quarantaine de kilomètres de là, le symbole arc-en-ciel se retrouve cette fois au cœur d’une indignation inverse. À Romagné, près de Fougères, la statue de Jeanne d’Arc du monument aux morts a été repeinte : son étendard a été recouvert des couleurs du drapeau LGBTQIA+, le jour même où une Marche des fiertés se tenait à Fougères.
Dans un communiqué, le conseiller régional RN Gilles Pennelle se dit « consterné » et condamne « avec la plus grande fermeté cette profanation ». « Peut-on défendre une cause aujourd’hui en France sans dégrader, profaner notre patrimoine et nos lieux de mémoire ? », interroge-t-il. Au passage, l’élu apporte son soutien à la maire de Romagné, Aline Le Bouëdec, ainsi qu’aux habitants « choqués par cette dégradation.»
Pour l’heure, Gilles Penelle appelle à faire « toute la lumière » sur les faits et souhaite une remise en état rapide du monument « afin qu’il retrouve sa dignité et sa vocation première : honorer la mémoire de ceux qui sont morts pour la France ». Deux affaires, deux indignation différentes : en Bretagne, le drapeau arc-en-ciel cristallise les tensions politiques et culturelles autour des questions de mémoire, de patrimoine et de droits LGBTQIA+.


