RENNES, 29 mai 2026 (PressPepper) – La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a ordonné, ce vendredi 29 mai 2026, le maintien en détention provisoire de Selman K., ancien gérant d’un salon de coiffure à Fougères. Âgé de 32 ans, il est soupçonné d’avoir été le « commanditaire » de l’enlèvement et de la séquestration d’un dealer pendant près de trente-huit heures, à Saint-Gilles, en mars 2024.
L’affaire débute le 18 mars 2024. La sœur de Youssef Alahian remet un sac contenant 80.000 euros en liquide à un homme encagoulé sur le parking d’un centre commercial, avant d’alerter les policiers. Selon les investigations, elle avait auparavant été contactée pour récupérer cette somme dans un box.
Le lendemain, le 19 mars 2024, les forces de l’ordre retrouvent son frère dans le coffre d’un véhicule à Saint-Gilles, où il venait de passer près de trente-huit heures. Connu défavorablement des services de police pour trafic de stupéfiants, le jeune homme a depuis été tué par balles dans le quartier du Blosne, à Rennes, le 6 décembre 2025.
Durant sa captivité, la victime aurait été frappée à coups de poing ainsi qu’avec une clé en croix, un outil servant au démontage des roues. Une incapacité totale de travail (ITT) de soixante jours lui avait été prescrite. Au total, six personnes ont été mises en examen dans ce dossier, parmi lesquelles le prévenu, beau-frère de la victime. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir joué un rôle central dans l’organisation de l’enlèvement.
À l’audience, jeudi 28 mai, l’intéressé a contesté les accusations. Il sollicitait sa remise en liberté afin de s’installer chez un cousin dans le Val-d’Oise, où il affirmait pouvoir travailler comme conducteur de travaux. « Si j’étais sur place, c’était pour la famille. On m’a demandé de l’aide », a-t-il déclaré.
Face aux magistrats, l’ancien gérant du salon de coiffure DSR à Fougères a assuré n’avoir jamais eu besoin de « l’argent des petites racailles ». « Si j’avais été le commanditaire, je ne serais pas allé sur place. J’aurais envoyé d’autres personnes », a soutenu ce père de famille d’origine turque.
De l’autre côté de la barre, l’avocate générale s’est fermement opposée à sa remise en liberté. La magistrate a mis en avant des « risques majeurs de concertation frauduleuse » avec les autres suspects dans une affaire toujours en instruction. Au passage, la représentante du parquet général a alerté sur un « risque de renouvellement » des faits, au regard des antécédents du suspect, déjà condamné à cinq reprises, notamment pour violences conjugales.
Son expertise psychiatrique avait d’ailleurs conclu à un « niveau de dangerosité élevé ». « Il a les moyens d’organiser sa fuite grâce à ses contacts à l’étranger. Je demande son maintien en détention », a requis l’avocate générale. Ce vendredi, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a finalement suivi ces réquisitions. Le prévenu dormira encore en prison.


