L’idée émerge pendant le confinement. 6 ans plus tard, l’essai est clairement transformé. Ouiker, créé par deux jeunes rennais, est aujourd’hui leader de l’investissement immobilier.
Les plus belles réussites naissent souvent d’une idée un peu folle. À l’image de Google né dans un garage, Ouiker trotte dans la tête de Thomas Blin en plein confinement Covid. « J’étais associé dans une startup parisienne spécialisée dans les nouvelles technologies. Elle venait d’être rachetée, j’ai profité d’un plan de départ », se souvient Thomas. Seule ombre au tableau : une clause lui interdit de postuler à la concurrence. Il faut alors se réinventer.
« J’avais très envie de revenir à Rennes. J’y faisais des allers-retours pour voir la famille et rénover des appartements que j’avais achetés dans le but de faire du locatif », se souvient le jeune homme de 35 ans à l’époque. « Des amis m’ont alors dit ‘Si tes investissements te rapportent, pourquoi tu n’irais pas plus loin ?’ ». La question fait tilt. L’embryon Ouiker est là. Le projet va au-delà de l’agence immobilière : « Il y avait une niche à occuper. Monter une entreprise qui s’occupe à la fois de la recherche du bien, puis des travaux de rénovation, de l’ameublement… jusqu’à l’organisation des visites et la signature du contrat », détaille l’entrepreneur. Objectif : garantir au client une prise en main totale, sans charge mentale ni tracas administratifs.
Nous partîmes deux, et par un prompt renfort…
Depuis son appartement parisien, Thomas Blin appelle un ami d’enfance. Grégoire du Guerny, de deux ans son cadet, travaille à la commission des finances de l’Assemblée nationale. « Je voulais juste avoir son avis sur la faisabilité d’un tel projet », se remémore-t-il. « Non seulement il m’a confirmé que le business model était excellent, mais en plus il m’a dit qu’il voulait me rejoindre », hallucine encore Thomas Blin qui n’en croit alors pas ses oreilles. L’idée serait-elle si bonne que son ami, au poste rêvé, serait prêt à tout lâcher pour se lancer dans l’aventure ? Banco, c’est signé. Les deux bretons lancent les dés. Grégoire sera à Nantes, Thomas à Rennes.
Le bouche à oreille fonctionne plutôt bien, et malgré un concurrent sérieux en face, Ouiker fait sa place. Au bout de quelques mois, les deux compères se rendent compte qu’un autre électron libre, basé à Tours, a eu la même vision qu’eux. « Nous l’avons contacté pour lui proposer de rentrer au capital. Il a vite compris qu’ensemble, on serait plus forts », explique Thomas Blin. C’est ainsi que Roch de Salins fait du duo un trio.
Les demandes pleuvent. Et pas toujours dans les secteurs d’activité des trois associés. Plutôt que de perdre des dossiers, Thomas, Grégoire et Roch imaginent un maillage du territoire. Paris, Marseille, Lyon, Angers… au total, 24 bureaux ouvrent dans toute la France.
« 24 agences dans l’Hexagone »
« Dans chacune de ces villes, nous avons mis en place un expert en immobilier. Un point commun pour chaque bureau : l’agent Ouiker connaît sa ville sur le bout des doigts. La proposition qu’il fait à notre client doit tomber dans le mille : à la rue près, voire à l’immeuble près ! », insiste Thomas Blin. « Nous ne prenons aucun risque sur la localisation. Du petit studio en province au gros immeuble parisien, nous disons au client ‘imaginez un endroit où vous vous seriez vu étudiant, où vous installeriez votre propre enfant.’ »
Rentable depuis le départ
Ouiker peut se targuer d’être rentable. Mieux encore, la société n’a jamais opéré de levée de fonds. Elle n’a pas de dette : elle roule. Pour 8% du prix net vendeur de la valeur du bien acheté, sans aucune marge sur les travaux ou l’ameublement fournis à prix coûtant, Ouiker est un peu plus cher qu’une agence classique. Mais ne s’arrête pas à l’ouverture d’une porte.
« Nous sommes fiers d’être un des leaders nationaux de l’investissement locatif clé en main, à l’ancrage local. Notre expertise est patrimoniale : nous avons un discours de vérité. Loin de nous de faire de ‘l’immobilier de luxe’. Nous ciblons par contre des biens à forte valeur ajoutée. Quartier, écosystème, copropriété… rien n’est laissé au hasard. Si nous ne sommes pas convaincus, nous passons à autre chose. Notre credo pourrait être ‘Plutôt ne rien faire, que mal faire’ », promet Thomas Blin.


