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lundi 25 mai 2026
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Alexandre Lenot à Étonnants Voyageurs : « écrire, c’est réparer »

Au Café littéraire du festival Etonnants voyageurs, à Saint-Malo, ce dimanche, l’écrivain Alexandre Lenot est venu présenté Cette vieille chanson qui brûle, son roman récompensé en mars par le Prix des cinq continents de la francophonie. Dans un témoignage presque intime, il a oscillé entre mémoire familiale, langue musicale et blessures intimes pour raconter son livre percu comme un ouvrage réparateur.
Face au public d’Étonnants Voyageurs, Alexandre Lenot parle doucement, choisit ses mots, comme s’il avançait dans la même matière sensible que celle de son roman. Dès les premières minutes, on sent la singularité du livre, son souffle, son rythme, sa langue presque musicale.  Après Écorces vives (Actes Sud, 2018, prix Première de la RTBF), son récit suit Noé, un homme qui retourne dans la maison de son enfance, perdue au cœur de la forêt, pour annoncer à son père la mort de son frère jumeau, Jérémie. Au fil du récit, le lecteur part à la rencontre d’une enfance sauvage à l’écart du monde, d’un père rude et écrasant, de la fusion fraternelle, puis l’arrachement progressif  à l’enfance et à ceux qu’on aime.

Le français du Québec, du Liban, du Congo… tout cela vibre quelque part dans mon écriture », explique-t-il.

Né d’un père français et d’une mère égyptienne, l’auteur raconte une relation complexe aux langues qui ont traversé sa vie. « On n’a pas voulu m’enseigner l’arabe », confie-t-il. « Quand j’essaie de l’apprendre, j’échoue à chaque fois misérablement. Je me sens comme un petit garçon rougissant. » Toute sa culture égyptienne est pourtant restée présente, notamment à travers les traductions et les grands auteurs lus au fil du temps. « Au cœur du roman résonne Ana Lak Ala Toul, immense classique égyptien popularisé par Oum Kalthoum. « C’est une chanson de l’incantation, de la répétition, de la mélopée », explique Alexandre Lenot.

« Je n’écris pas la plainte, j’écris la réparation »

Sans aucun doute, la structure de son livre correspond à ce genre musical. Rien d’étonnant à cela, iAlexandre a longtemps écrit sur la musique. « La musique est une sorte de béquille pour moi, un doudou. Elle me rassure et me rappelle que toutes les formes sont possibles. » Mais au coeur de son ouvrage, il y surtout a les blessures : l’absence de la mère, la séparation du frère, la violence du père, l’arrachement à la forêt.

Mais devant «l’esthétique de la plainte » qui lui colle à la peau, Alexandre Lenot nuance immédiatement.  « Moi, je ne l’appellerais pas du tout comme ça. J’envisage mon travail non pas comme de la plainte, mais comme de la guérison, de la réparation. » Pour lui, écrire consiste à nommer les blessures pour les traverser. « Mon personnage avance en examinant ses souvenirs un à un, jusqu’à entrer dans quelque chose de plus complexe. » À Saint-Malo, Alexandre Lenot n’a pas seulement parlé littérature. Il a raconté comment un roman peut devenir un espace de réparation intérieure, un endroit où les souffrances apprennent enfin à être dites.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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