Le bob a été longtemps moqué. Il représentait le sommet de la bofitude ! Chapeau mou, rond et à bord tombant, il a traversé les époques. Il revient aujourd’hui en force sur les têtes, à la plage, en festival, dans les clips et les terrasses d’été. Mais avant d’être hype, il a été populaire. Vraiment populaire.
Né dans les années 1920, le bob est d’abord un couvre-chef de pluie porté par les fermiers irlandais. En coton épais ou en toile cirée, il protégeait du crachin. Pendant la guerre, il est adopté par certaines armées comme léger et pratique. Puis il descend dans la rue. Dans les années 60-70, il est le le chapeau du pêcheur, du campeur, du vacancier.
En France, le bob devient culte dans les années 80 grâce à deux marques aussi inattendues qu’emblématiques : Cochonou et Paul Ricard. Le bob à carreaux rouge et blanc distribué pendant le Tour de France par la caravane publicitaire devient instantanément un objet de collection. Même chose pour le bob Ricard, souvent porté avec un pastis à la main. À lui seul, il incarne la sieste à l’ombre, la pétanque et les apéros qui s’éternisent. C’est le capiot officieux du vacancier franchouillard — et il en est fier.
Fabriqué en coton ou en polyester, souvent imprimé ou brodé, le bob est simple à produire. Il se plie, se roule, se range facilement. C’est un objet de masse, peu coûteux, accessible à tous. Il a longtemps traîné une image ringarde, associée aux retraités au camping ou aux touristes mal équipés. Et pourtant, il a résisté, malgré le film Camping.
Depuis quelques années, le bob revient. Il redevient tendance. Les rappeurs l’ont remis à l’honneur, les marques de streetwear s’en sont emparées, les créateurs l’ont fait défiler sur les podiums. Nike, Lacoste, Stüssy, Prada : tous ont leur version du bob. Même les bobs vintage « Cochonou » se vendent désormais sur Vinted ou eBay comme des pièces collector. Ils sont devenus à nouveau cool — sans même avoir essayé de l’être.


