Sur cette photo prise devant le Parlement de Bretagne, on croirait presque à un moment de concorde républicaine en ce 14 juillet. Presque. D’un côté, Marie Mesmeur, jeune députée insoumise, auréolée d’une écharpe tricolore, scrute l’horizon vers l’hôtel de ville. Elle répond déjà à une journaliste. Seule, elle oscille entre gravité et irritation contenue — ou peut-être juste un coup de vent dans les cheveux, qui sait. En face, le carré des sociaux-démocrates. On reconnaît son alter ego Mickaël Bouloux député PS, Cyrille Morel, fidèle parmi les fidèles, et Nathalie Appéré, maire socialiste de Rennes. Tous les trois tournent le dos à la jeune élue.
En conciliabule avec ses compagnons d’armes, la maire tient d’une main crispée le cordon tricolore — symbole d’une République aujourd’hui fracturée. Les échanges semblent cordiaux entre les quatre mousquetaires socialistes. Mais si l’image est muette, on observe déjà les fissures entre les insoumis et leurs anciens alliés. On ressent le malaise d’une gauche éclatée, où chacun tient sa ligne politique.
Dans quelques mois, les deux camps vont s’affronter — non pas pour prendre le Parlement où se joua jadis la Révolution — mais pour espérer glaner la commune. Ce cliché en dit long sur l’état de la gauche rennaise à l’approche des municipales. Car si l’objectif affiché reste de faire bloc face à la droite ou à la majorité présidentielle. Les chemins pour y parvenir divergent de plus en plus. Les tensions entre Insoumis et socialistes, déjà visibles à l’Assemblée, trouvent à Rennes un terrain particulièrement sensible. Derrière les discussions polies, les stratégies vont bientôt s’aiguiser !


