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ELLES AIMENT LE STREET ART !

Dragan Brkic
Ecrit par Dragan Brkic

Il y a quelques semaines, un collectif de photographes rennais collait des affiches d’un homme cagoulé haïssant le Street Art ! Il y a quelques jours, un professeur en arts plastiques émettait un avis mitigé dans nos colonnes sur cette pratique artistique. Aujourd’hui, deux femmes “anticonformistes” tiennent à confier au contraire leur amour pour cet art de la rue.

Une étudiante en droit adoratrice du Street

Étudiante en faculté de droit, rien ne prédestinait Angela à apprécier le Street art. “Un jour, ma mère m’a emmenée à l’Arvor pour voir le film de Banksy, Faites les murs. On y parlait de street art. J’ai adoré ! Quelques temps après, nous avons été à Londres pour voir ses tags. Il faut reconnaître que ça n’a rien à voir avec ce qu’on voit à Rennes parfois…”

Mais Angela reste respectueuse. “Ce que j’aime, c’est lorsqu’on y met de la qualité artistique, comme War qui peint de beaux poissons ! La ville est plus belle ainsi, on peut se balader en regardant de belles œuvres. C’est mieux que le gris ambiant. J’ai aimé tout particulièrement la fresque murale de la halte ferroviaire de Pontchaillou réalisée par l’association Tout Atout et des jeunes de la PJJ. Celle-ci est quand même plus belle que le béton de la gare !”

Véronique est une mère au foyer passionnée d’art

“Le Street art est surtout un art en liberté, pouvant adopter des formats géants et évoquer des idées peu conventionnelles ! “, explique Véronique. “C’est antiacadémique, novateur et parfois provocateur avec ses codes et ses artistes. Nous pouvons le critiquer mais nous ne pouvons surtout pas l’éviter !”, ajoute-t-elle.

Pour elle, le street-art est comme le rap ! “Au moment où les rappeurs américains ont commencé leur musique, c’était vécu comme une provocation. Maintenant, on peut leur reconnaître une grande liberté d’expression. C’est un peu le même schéma pour le Street art. Les artistes utilisent la même liberté teintée tantôt de provocation, tantôt d’une nouvelle forme d’expression. Ils questionnent notre temps et font peut-être avancer nos idéaux.”

“Avant de critiquer sévèrement le Street Art, ajoute-t-elle, il faudrait lui reconnaître sa vraie dimension artistique : le trait, la couleur pouvant égayer certains quartiers et le sens de ses symboles souvent fortement révolutionnaires. Moi, je suis une inconditionnelle de cette forme d’expression que je voudrais voir arriver dans mon village près de Rennes.”

La phrase du jour : ce qu’Angela aime par-dessus tout dans le Street-Art, c’est l’anonymat des tagueurs : “C’est super excitant de ne pas les connaître. D’autres pratiques artistiques devraient s’inspirer de cette humilité, la musique plus particulièrement.”

A propos de l'auteur

Dragan Brkic

Dragan Brkic

Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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